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"Il voulait arrêter de souffrir" : Le suicide d'une victime du Bataclan, deux ans après l'attentat

"Il voulait arrêter de souffrir" : Le suicide d'une victime du Bataclan, deux ans après l'attentat
Par Mafalda Betty Rédactrice
Citoyenne du monde qui adore les blind tests des années 90, elle se passionne pour les histoires de cœur avec ou sans happy end des personnalités françaises et internationales.
11 photos
Guillaume Valette est la 131e victime des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Un jeune homme qui s'est donné la mort deux ans après le drame, après des mois de souffrances post-traumatiques graves. Sa famille avait témoigné devant la justice lors des auditions des proches des victimes en 2021. Des mots déchirants qui rendent compte d'une partie de l'enfer qu'il a vécu.

La sentence est tombée ce 29 juin 2022, près de sept ans après le drame. Salah Abdeslam, principal accusé et seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 131 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, a écopé de la peine maximale, conformément aux réquisitions du parquet : la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté incompressible. Les 19 autres accusés ont été condamnés à des peines allant de deux ans d'emprisonnement à la perpétuité. Un verdict qui ramène à l'enfer que les victimes des attentats ont vécu. L'une d'elle n'est pas morte ce soir-là mais deux ans plus tard. Guillaume s'est suicidé en 2017, victime de stress post-traumatique et de dépression grave. Son vécu rappelle les terribles séquelles que gardent celles et ceux qui survivent à de tels événements.

En 2021, à l'heure des auditions des proches des personnes décédées durant ou après l'attaque du Bataclan lors du concert des Eagles of Death Metal, la famille de Guillaume Valette se présente à la barre. TF1 News a consacré un long article à ce trentenaire qui "détestait la violence". D'abord son père, qui résume avec des mots si puissants ce qu'a vécu son fils durant deux ans : "Il n'a pas reçu de balle dans le corps, mais il a reçu des balles psychiques invisibles qui l'ont doucement, mais sûrement tué. Notre fils qui aimait tant la vie a été envahi et débordé par ce stress post-traumatique, au point de mettre fin à ses jours le 19 novembre 2017."

Je n'oublierai jamais le bruit des mitraillettes.

Il y a d'abord l'attentat du Bataclan, durant lequel Guillaume a dû chevaucher "un amas de corps". Cette pièce dans laquelle l'homme réussit à se réfugier, de laquelle il ne voit rien et entend tout, puis cette fosse qu'il a regardée en sortant accompagné de la police, découvrant l'horreur. Le lendemain, il a dit à ses parents, "ma vie ne sera jamais plus la même", s'est souvenu son père. Il arrête les sorties et se concentre sur son travail sur ses "microscopes électroniques". À la télé, il ne regarde plus que des documentaires animaliers, l'actualité l'affectant trop. Des attentats, le jeune homme en parle juste après puis décide de clore le sujet. Il ne l'évoquera que brièvement lors du premier anniversaire de la tragédie en disant "je n'oublierai jamais le bruit des mitraillettes".

Du stress post-traumatique au délire hypocondriaque puis à la dépression

La culpabilité du survivant ronge le trentenaire qui passe du stress post-traumatique au délire hypocondriaque puis à la dépression. Les crises d'angoisse se font de plus en plus violentes et il se dit atteint d'un cancer que personne ne voit. Pourtant, il a fait tous les examens possibles. "Guillaume refusait de penser que son problème pouvait être d'ordre psychiatrique", dit son père qui se disait impuissant à lui faire voir la réalité. Il a mis fin à ses jours six jours après le deuxième anniversaire des attentats : "la clinique nous a appelés, Guillaume s'est pendu dans sa chambre", confie son père. Son fils avait laissé une lettre dans laquelle il écrit : "Je suis atteint d'un cancer de l'oesophage à cause d'une oesophagite non soignée."

Les médecins n'ont pas vu le mal ronger à ce point leur fils. "Toutes ces blessures invisibles (des rescapés) devraient être mieux comprises et mieux appréhendées", confie le père de la victime. Le frère du jeune homme, Christophe, poursuit : "Guillaume s'est suicidé non pas parce qu'il était faible, mais parce qu'il avait été blessé sur le plan psychiatrique. Guillaume ne voulait pas arrêter de vivre, il voulait arrêter de souffrir." Son autre frère, Frédéric, a lu une lettre que leur mère a rédigé : "Le terrorisme ne l'a pas tué le 13 novembre 2015, le terrorisme l'a tué à petit feu."

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