C’est un sujet encore trop souvent passé sous silence, malgré le nombre de femmes concernées chaque année. Ce jeudi 15 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale du deuil périnatal, Gennifer Demey a choisi de prendre la parole sur Instagram. L’épouse d’Éric Antoine a partagé deux stories dans lesquelles elle évoque une réalité douloureuse. Celle de l’arrêt spontané d’une grossesse et le sentiment d’abandon que peuvent éprouver les femmes qui traversent cette épreuve.
Dès les premières lignes de sa publication, le ton est donné. “Le deuil périnatal, c’est faire partie d'une moyenne que quasiment personne ne connaît”, écrit-elle, avant de rappeler un chiffre particulièrement marquant : “1 grossesse sur 4 s’arrête au cours du premier trimestre.” Une statistique qu’elle met en avant pour souligner à quel point cette situation est fréquente. Mais ce qui interpelle surtout Gennifer Demey, c’est le manque de préparation et de prévention des femmes. Selon elle, les femmes reçoivent de nombreux conseils lorsqu’elles envisagent une grossesse, mais sont beaucoup moins informées de la possibilité qu’elle s’interrompe prématurément. “On nous parle de la difficulté à concevoir, de continuer le sport et de prendre des vitamines pendant la grossesse. On entend même parler du post-partum”, constate-t-elle.
En revanche, elle regrette que le risque de fausse couche soit si peu abordé. “De cette possibilité immense de perdre un bébé, rien. De ce risque qui augmente avec l’âge maternel, non plus”, poursuit-elle. Pour Gennifer Demey, cette absence d’information ne fait qu’accentuer le choc lorsque la grossesse s’arrête. “Personne ne nous prépare vraiment à ce que cela signifie. Et encore moins à la manière dont on est censées traverser un tel traumatisme”, déplore-t-elle. L’épouse de l’animateur de M6 s’attarde également sur certaines paroles qui peuvent être adressées aux femmes après une fausse couche. Des phrases parfois prononcées pour rassurer ou expliquer, mais qui peuvent être particulièrement difficiles à entendre lorsqu’elles surviennent au milieu de la douleur.
Elle cite une réflexion particulièrement impactante pour elle beaucoup entendue par les patientes victimes de fausse couche : “Vous savez, c’est la Nature, Madame. Elle est bien faite !” Pour Gennifer, il est impossible de réduire une telle épreuve à une simple manifestation de la nature, sans prendre en considération ce que ressent la personne concernée. Son texte se fait alors plus poignant lorsqu’elle décrit la réalité physique et émotionnelle d’une interruption de grossesse. Elle évoque les contractions, les douleurs, les larmes, mais aussi la sidération qui peut accompagner ce moment. “Cette impression d’être là, au milieu de quelque chose de terrible, sans réussir à réaliser ce qui est en train de se passer”, écrit-elle. Autant de mots qui rappellent que la fin d’une grossesse, même lorsqu’elle survient très tôt, peut représenter un véritable bouleversement.
Dans sa seconde story, Gennifer Demey poursuit sa réflexion en posant une question directe : “Pourquoi cette OMERTA ?” À ses yeux, le silence entourant les fausses couches contribue à laisser de nombreuses femmes démunies lorsqu’elles doivent affronter cette situation. “Pourquoi tant de femmes découvrent-elles cette réalité au pire moment de leur vie ?”, demande-t-elle. Elle s’interroge également sur les raisons pour lesquelles certaines doivent traverser cette épreuve sans disposer d’informations suffisantes ni d’un accompagnement adapté. Elle insiste d’ailleurs sur un point : “Pourquoi faut-il encore rappeler qu’une grossesse qui s’arrête n’est pas un événement anodin, simplement parce qu’elle s’arrête tôt ?”, écrit-elle. Elle prend toutefois soin de préciser que son objectif n’est pas d’inquiéter inutilement les futures mères. Son intention est d’encourager une meilleure information et une prise en charge plus attentive de celles qui vivent une fausse couche.
Elle résume d’ailleurs son appel en trois mots, écrits en lettres capitales : “INFORMER, PRÉPARER, ACCOMPAGNER.” Pour elle, ces trois dimensions sont essentielles afin qu’aucune femme ne soit contrainte de découvrir seule la réalité de la perte d'un bébé, qu'importe le stade de la grossesse. Dans les dernières lignes de sa publication, elle élargit son message à toutes les femmes susceptibles d’être concernées. “Pour celles qui l’ont vécu. Pour celles qui le vivent dans le silence. Pour celles qui le vivront peut-être demain”, écrit-elle. “Informer, ce n’est pas faire peur. C’est ne plus laisser les femmes seules face à l’impensable” conclut-elle.