Le cinéma français à nouveau en deuil. L'une de ses grandes représentantes, Marina Vlady, est décédée jeudi 24 septembre 2026 à l'âge de 88 ans. L'actrice franco-russe, né d'un père chanteur d'opéra et d'une mère danseuse étoile, est "partie comme elle l'a choisi [...] chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux", ont annoncé ses fils Igor (in memoriam) Pierre et Wladimir dans un communiqué transmis à l'AFP. Récompensée au Festival de Cannes 1963 pour son interprétation dans Le Lit conjugal de Marco Ferreri, la comédienne a joué dans plus de 80 films de réalisateurs de renom comme Jean-Luc Godard, Orson Welles, Bertrand Tavernier, Ettore Scola et Robert Hossein, son premier mari.
Malgré cette riche carrière, celle qui a incarné la Princesse de Clève dans le long-métrage de Jean Delannoy (1961) disposait de revenus modestes à la fin de sa vie : "À l'époque, les producteurs étaient de beaux salauds. La plupart ne payaient pas de cotisations sociales. Résultat : avec une carrière de 80 films, je touche une retraite de 600 euros par mois", confiait-elle à Libé en 2011. Elle poursuivait, sans aigreur : "J'ai eu une vie très pleine, une vie violente et belle. Je n'aurais pas l'idée de m'en plaindre."
En effet, ses moyens financiers ne l'empêchaient pas d'être "une femme généreuse qui a été engagée toute sa vie", rappellent ses enfants. Féministe, elle milite pour le droit à l'avortement en 1971 en signant le "manifeste des 343 salopes". En 1990, elle co-fonde l'association pour le droit au logement (DAL) avec son dernier compagnon Léon Schwartzenberg.
"On ne peut pas ne pas être émue et horrifiée par certains problèmes et certaines injustices, confiait-elle à Elise Lucet en 2014 au JT de 13 heures de France 2. Moi, c'est l'injustice qui me fait fonctionner. Si je vois quelqu'un qui est battu dans la rue, je vais me battre et je suis capable encore de donner un bon coup de poing", lançait-elle. L'une de ses dernières apparitions médiatiques remonte à mars 2022. Éprouvée par le covid-19, elle accepte néanmoins de répondre au Parisien pour parler de la Guerre en Ukraine qui venait de débuter : "Il fallait arrêter cette horreur avant", accusait cette anti-militariste convaincue. Marina Vlady laissera derrière elle le souvenir d’une actrice engagée, autant à l’écran que dans ses combats.