C’est un tournant que peu avaient vu venir et pourtant, il puise ses racines dans l’enfance de l’artiste. Révélée au grand public au sein du duo Brigitte aux côtés de Sylvie Hoarau, puis remarquée comme réalisatrice avec son long-métrage Rose, Aurélie Saada a surpris sa communauté sur Instagram en dévoilant sa toute nouvelle trajectoire. À 48 ans, l’auteure-compositrice-interprète ne se contente plus de soigner les cœurs par ses mélodies et ses textes : elle s’apprête désormais à écouter ceux des autres sur le divan. Si ce choix de vie peut sembler radical pour une artiste accomplie, il s’inscrit en réalité dans une fidélité absolue à son histoire personnelle.
Dans un message sincère partagé sur ses réseaux sociaux, Aurélie Saada raconte comment la discipline a toujours fait partie de son univers familial : “La psychanalyse m’accompagne depuis presque les premiers instants de ma vie, lorsque ma mère m’emmenait avec elle sur les bancs de la fac, alors que j’apprenais tout juste à marcher. Freud et Lacan étaient des noms qui résonnaient dans la maison comme des grands-parents mystérieux et familiers.” Bien plus qu’un simple sujet d’étude maternel, la pratique est très vite devenue un refuge vital pour la fillette qu’elle était. “Enfant, pour me sauver de cet asthme qui m’empêchait de respirer, j’y suis allée, rue de la Poterne-des-Peupliers, une fois par semaine, ça m’a sauvée. Et puis j’y suis retournée ces 28 dernières années, où j’ai cherché le sens et où j’ai trouvé les mots”, confie-t-elle avec une grande sensibilité.
Forte de cette longue traversée personnelle, la chanteuse a décidé de passer de l’autre côté du cabinet. “Depuis quelque temps, j’ai repris les études, ou plutôt j’ai pris les études parce qu’avant, je ne l’avais jamais fait pour devenir à mon tour psychanalyste”, annonce-t-elle, rappelant au passage que la psychanalyse est avant tout une question d’élan et de liberté intérieure, “peu importe l’âge”. Un défi intellectuel et humain qu’elle aborde avec enthousiasme : “C’est un grand saut pour moi, de ceux qui donnent le vertige et le sourire, je démarre et, j’ose le dire, je m’installe". Prudente et désireuse de concilier cette nouvelle activité avec sa fibre créative, l’artiste précise enfin son organisation : “Pour l’instant je ne consulte que les lundis". Une manière d’entrer progressivement dans ce nouveau rôle, sans jamais renier la femme de scène et de mots qu’elle a toujours été.