Avant de devenir l’un des visages incontournables de la comédie française, Philippe Lacheau a commencé à filmer dans le salon familial de La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines. Dans un entretien accordé à La Tribune du Dimanche à l’occasion du documentaire consacré à la bande à Fifi, prochainement diffusé sur Canal+, le réalisateur revient sur les débuts de sa passion pour le cinéma et sur le soutien de ses parents.
Tout commence à la fin des années 1980. Un dimanche soir, alors qu’il est encore enfant, Philippe Lacheau regarde La Chèvre, le film de Francis Veber, avec ses parents Huguette et Gérard. Une scène en particulier le marque, mais c’est surtout la réaction de ses parents devant le film qui lui fait comprendre ce qu’il veut faire plus tard : "C’est là que tout a commencé, j’ai ressenti une émotion de dingue." Il se souvient les avoir regardés rire devant l’écran et avoir alors eu une idée très précise : "Je me suis dit que je voulais, un jour, posséder à mon tour ce pouvoir magique : faire du bien grâce au cinéma."
À 13 ans, Philippe Lacheau commence alors à réclamer un objet qui lui permettrait de passer derrière la caméra : un caméscope. Après plusieurs mois de demandes, ses parents finissent par accepter de lui en offrir un. Mais pour cette famille, l’achat représente un effort financier important.
Huguette, couturière, et Gérard, courtier en assurances, n’ont pas les moyens de réaliser facilement cet achat. Ils trouvent alors une solution auprès de voisins de leur résidence : "Ils ont emprunté l’argent à la famille Dugimont, qui habitait le bâtiment d’en face." Grâce à ce prêt, le jeune Philippe peut enfin commencer à filmer.
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Le caméscope devient rapidement son nouvel outil de création. Dans l’appartement familial, il imagine ses premiers sketchs, construit des décors avec ce qu’il trouve et filme son petit frère Pierre, de quatre ans son cadet, qu’il transforme régulièrement en personnage. Il assure ensuite lui-même le montage. Peu à peu, Julien Arruti, un ami, rejoint l’aventure. Bien avant l’explosion de YouTube et des réseaux sociaux, le papa de Raphaël réalise ainsi ses propres vidéos avec les moyens du bord. Avec le recul, il résume cette période avec humour : "Si j’étais né dans les années 2000, j’aurais squatté et fumé YouTube et Instagram."
Cette passion ne s’est jamais vraiment éloignée de sa famille. Son frère Pierre travaille encore aujourd’hui à ses côtés sur ses tournages, notamment derrière la caméra. Ses parents ont eux aussi participé à plusieurs de ses projets. Huguette apparaît même dans Pour le plaisir de Reem Kherici, où elle partage une scène avec François Cluzet. Gérard, lui, a transmis à son fils son goût pour l’humour et la fête.
Des premiers films tournés dans le salon familial jusqu’aux productions destinées au grand écran, le compagnon d'Elodie Fontan n’a donc jamais vraiment cessé de filmer. Et derrière cette vocation se trouve aussi le souvenir d’un caméscope que ses parents avaient tout fait pour lui offrir.