En seulement quelques années, l'armateur marseillais Rodolphe Saadé s’est imposé dans les médias. PDG et actionnaire de la CMA CGM, il gouverne depuis Marseille son empire qui comprend notamment BFM-TV, La Provence et la Tribune. L'envolée du prix du fret maritime et un régime fiscal favorable ont permis à l'homme franco-libanais de construire un groupe de médias à la vitesse de l'éclair en rachetant à Patrick Drahi BFM-TV et RMC. Il est troisième armateur mondial et cinquième fortune de France à tout juste 54 ans. Il est le fils de Jacques Saadé, décédé en 2018, ce visionnaire qui est devenu le géant des mers. PDG et actionnaire à 73% avec son frère et sa soeur, il rivalise aujourd'hui avec les grands de l'industrie en France, comme les Arnault, les Bolloré ou encore les Bouygues. Si son père, comme le rappelle Libération, se méfiait de Paris, son fils s'est offert un immeuble avenue Hoche, près de l'Arc de triomphe.
Alors qu'il adopte les codes de ce monde, achetant une villa à Saint-Tropez, qui fut celle de Gérard Oury, une autre pour ses enfants, vit avec des gardes du corps, vole en jet et navigue l’été sur un yacht, Rodolphe Saadé semble inarrêtable. Et comme tous les grands noms de l'industrie, il force quelque part l'admiration dans son domaine. Quelles sont donc les astuces à lui piquer ? À la tête de 160 000 salariés, Rodolphe Saadé embauche des armées de hauts fonctionnaires, diplomates, généraux, anciens de la DGSE et du Trésor. Libération qui s'est intéressé à ses méthodes et son histoire dévoile la formule fétiche du businessman. "Sky is the limit", c'est cette phrase qu'il martèle au sein de son empire, la CMA CGM. Une phrase fétiche qui aura permis à Saadé d'avancer et de tisser des liens solides avec les plus puissants, à l'image d'Emmanuel Macron. Le président a pu ainsi lui faire profiter de dîners d'État qui lui ont permis d'approcher Joe Biden, Xi Jinping ou encore Mohammed VI.
En rachetant Altice Media, qui comprend BFMTV et RMC, l'homme d'affaires franco-libanais a fait un pari osé. Et si l'investissement ne semble pas vraiment avoir porté ses fruits depuis – plus d'une trentaine de journalistes ont profité de ce rachat pour quitter le navire, les audiences sont elles aussi en difficulté –, il n'a pas dit son dernier mot. L'homme, richissime entrepreneur, rêve que Léa Salamé "présente sur la chaîne info un grand talk-show quotidien, mélange de Quelle époque ! (hebdomadaire qu’elle anime sur France 2) et du Grand Journal qu’animait Michel Denisot sur Canal +", nous apprenait Le Parisien.
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