Dans les coulisses de RTL, André Dussollier impressionne… autant qu’il fascine ! Le comédien de 79 ans, auréolé de trois César et d’un Molière, a rejoint la station à la rentrée pour incarner Le Grand Récit, diffusé chaque soir à 20 heures. Nos confrères du Parisien ont assisté à une session du comédien et racontent l'envers du décor dans le grand studio de Neuilly-sur-Seine. Chemise blanche et pull bleu marine, André Dussollier se prépare et "chausse son casque". "D’un coup, sa voix change, enfle, se fait plus ample et profonde, plus veloutée et longue à l’oreille… De son bras libre, il ponctue sa narration, comme s’il dessinait le relief qu’il donne à l’histoire à coups de silences, au ton pris, enjoué ou grave. En quelques secondes, il nous a embarqués, on est suspendu", racontent nos confrères. Et c’est précisément cette magie qui a conduit RTL à faire appel à lui. Jonathan Curiel, directeur général chargé des antennes, se souvient pour Le Parisien : "On s’est demandé quelle voix pourrait nous attraper, qui serait le bon raconteur. On a tenté, il a dit oui quasiment tout de suite". Et le pari semble être réussi puisque Le Grand Récit réunit 140 000 auditeurs en moyenne. Un beau début, même si la direction sait que l’installation d’un programme demande du temps.
André Dussollier, lui, savoure : "Je fais ça pour qu’il y ait des auditeurs et qu’ils reviennent, bien sûr. C’est tombé sur moi, tant mieux". Nourri dès l’enfance à la radio, il aime rappeler la phrase d’Orson Welles : "L’avantage de la radio sur le cinéma, c’est qu’à la radio, l’écran est plus large". Puis de confier : "J’ai été élevé à la radio, je n’ai découvert la télévision qu’à 13 ans. Et je suis né au théâtre, où on n’a besoin que d’un texte et d’un acteur". Et lorsqu’il s’attaque à des histoires comme celles de Kurt Cobain, Bruce Lee, Yves Montand et Simone Signoret ou encore les coulisses de Rabbi Jacob, il savoure la liberté du son : "Ce sont des histoires contemporaines… On les connaît en gros, mais pas le détail". Direction ensuite "la cabine", minuscule pièce de 4 m² où se déroule une partie de l’enregistrement comme le précise Le Parisien. Le comédien, dont le fils est, lui aussi, acteur, vient d’apprendre qu’il n’aura plus droit qu’à une seule prise et perfectionniste, il en plaisante auprès de nos confrères : "On n’en fera plus qu’une, ça m’a été imposé sous la torture". Il demande alors un moment seul pour s’imprégner du texte. "À la deuxième prise, j’ai l’impression d’avoir un peu plus pris la mesure de l’histoire… Et fatalement, ça se ressent", expliquait-il. Isabelle Choquet, rédactrice en chef du programme, confirme son implication : "Avec sa notoriété, il aurait pu venir, se contenter de lire et repartir, mais non, il veut que ce soit parfait".
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La réalité, toutefois, est exigeante car la radio doit composer avec ses tournages. "Évidemment, c’est difficile", a-t-il reconnu. Et ces derniers de rappeler que le comédien tourne actuellement L’Adoption d’Ivan Calbérac avec François Damiens et s’apprête à s’envoler pour la Colombie. Il essaie donc d’enregistrer "le maximum" avant son départ et avec quatre récits inédits par semaine, la cadence est soutenue, comme le résume Isabelle Choquet : "Quand on peut, on enregistre tout ce qu’on peut".
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