C'est une des addictions les plus méconnues. Pourtant, plus de la moitié des 18–75 ans (51,6 %) déclarent avoir joué au moins une fois à un jeu d’argent et de hasard en 2023, selon les données les plus récentes de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Selon l'Observatoire, la part de joueurs problématiques est de 4,9% des joueurs, soit 2,5% de la population des 18-75 ans. Une addiction qui aurait bien pu coûter la vie à Pierre Arditi.
L'acteur de 80 ans, actuellement sur la scène du Théâtre Montparnasse pour Je me souviendrai de presque tout, vient de publier son autobiographie, Le Souvenir de presque tout, aux éditions du Cherche midi. Un ouvrage dans lequel la star évoque son lien à ses parents, son rapport au temps qui passe et, sans détours, une ancienne addiction au jeu qui a failli le mener à commettre le pire.
Invité sur RTL samedi 15 novembre 2025 dans l'émission Le journal inattendu, Pierre Arditi a fait des révélations inquiétantes à Stéphane Boudsocq sur cet aspect méconnu de sa vie. Sa drogue à lui, ce n'était pas le poker, mais le chemin de fer. Un jeu semblable au baccara avec un sabot, où le joueur affronte des adversaires ou une banque. "Si je n'avais pas arrêté, on ne se parlerait plus. Je me serais tiré une balle dans la tête", affirme le comédien apparu dans Mon oncle d'Amérique.
Le mari d'Evelyne Bouix raconte la manière dont il s'est sorti de cette addiction. Une fois seul chez lui, lorsque sa femme et son fils étaient partis en vacances, il a été choqué par son reflet dans le miroir : "J'étais absolument défiguré. J'ai été sauvé par mon narcissisme. Je me suis dit que je ne pouvais pas garder cette tête-là, que j'étais un type bien, beau, que la virilité, finalement, c'était de ne pas être dupe de soi", exprime-t-il, un brin philosophe.
Et de conclure sur sa conception de l'addiction aux jeux d'argent, qu'il a définitivement laissée derrière lui, après avoir passé dix ans à rembourser ses dettes : "C'est fini pour toujours, je ne veux pas être un sous-homme. Curieusement, quand on joue, ce n'est pas pour gagner, c'est pour perdre. Pour se punir de ce vice qui vous ronge la vie comme un cancer." Un témoignage bouleversant.
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