Se lever à quatre heures du matin n’a rien d’un geste anodin pour Amélie Nothomb. À l’occasion de la parution de Tant mieux, son 34ᵉ roman, publié en 2025 chez Albin Michel, l’écrivaine s’est confiée au média Lueurs sur sa discipline matinale, devenue presque mythique pour ses lecteurs. "Il ne m'est pas naturel de me réveiller tous les matins à 4 heures du matin. Je ne suis pas née comme ça. Oui, se réveiller tous les matins à 4 heures du matin qu'elle qu'ait été la nuit qu'on a passée, et Dieu sait si mes nuits sont difficiles, ça peut être une grande souffrance." Une franchise à toute épreuve pour celle qui avait pourtant avoué ne pas avoir dit la vérité pendant des mois.
À peine sortie du sommeil, elle avale un demi-litre de thé brûlant, un rituel auquel elle ne déroge absolument jamais. Elle le dit d'ailleurs sans détour : "Boire un demi-litre de thé trop fort à jeun, dans des boyaux parfois tourmentés par les excès de champagne de la veille, c'est une souffrance. Mais le but n'est pas du tout de souffrir. Le but, c'est la discipline." Un mot qu’elle estime désormais presque tabou : "C'est un mot qui est devenu obscène dans tous les pays du monde sauf au Japon. Le Japon est le seul pays au monde où on a encore le droit de parler de discipline sans passer pour un infâme facho. Ou alors c'est que tous les Japonais sont d'infâmes fachos mais je ne le pense pas."
Cette discipline, elle la relie à la modestie : "Ça veut dire l'humilité, ça veut dire on n'est pas né en sachant faire des choses aussi difficiles ! Évidemment qu'il faut apprendre, évidemment que cet apprentissage va être long et difficile et qu'avant même de commencer soi-même cet apprentissage, il faut voir ce qu'ont fait les maîtres. Ça va de soi."
Le Journal des Femmes rappelait d'ailleurs en octobre 2024 que cette régularité dépasse la seule écriture : après avoir rédigé de 4 h à 8 h, une plage de travail qu’elle décrit comme non négociable, la romancière consacre aussi une large part de ses journées à répondre à son courrier, une tâche qu’elle estime à "environ cinq heures" quotidiennes. Une rigueur presque monastique, qui fait écho à son admiration ancienne pour le Japon, même si, reconnaissait-elle avec humour, elle ne deviendrait jamais vraiment japonaise (elle a fui son fiancé japonais quelques jours avant le mariage, ndlr).
Conclusion ? La routine implacable d’Amélie Nothomb révèle surtout une fidélité absolue à son art : se présenter chaque matin, coûte que coûte, devant la page blanche. Et au vu de sa longévité littéraire, la méthode semble plus que jamais porter ses fruits !
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