Hollywood lui a ouvert ses portes, mais Camille Cottin ne compte pas bouleverser toute son existence pour tenter de s’y faire une place. Ces dernières années, la comédienne a pourtant réussi là où peu d’actrices françaises parviennent à s’imposer : tourner dans d’importantes productions internationales tout en poursuivant une carrière particulièrement riche en France. Une position qui pourrait laisser penser qu’une installation outre-Atlantique serait la suite logique de son parcours comme beaucoup d’autres avant elle.
Ce n’est pourtant pas ainsi qu’elle envisage les choses. Interrogée par Madame Figaro sur l’attraction que peut exercer Hollywood sur les comédiens, Camille Cottin commence même par remettre les choses à leur place avec humour. “Hollywood n’appelle pas. Hollywood vous permet à la rigueur de passer un essai ! Et c’est déjà très excitant. Cela reste une machine à fantasmes”, explique-t-elle. Oui, les États-Unis l’attirent et les opportunités qui s’y présentent sont enthousiasmantes. Mais l’actrice n’idéalise pas pour autant ce milieu et connaît parfaitement les efforts nécessaires pour s’y installer durablement. Selon elle, même pour une comédienne européenne déjà reconnue, Hollywood continue souvent de fonctionner avec des catégories bien définies.
Camille Cottin cite notamment Sandra Hüller et Renate Reinsve pour rappeler combien il reste difficile, pour une actrice étrangère, de décrocher des personnages qui dépassent son origine. “Sortir de la case “frenchy” exige un lourd investissement sur place pour rencontrer, faire savoir, initier”, constate-t-elle. Un investissement qui ne se résume pas à prendre régulièrement un avion pour Los Angeles ou New York. Si on veut y arriver, il faut être présente, multiplier les rencontres et les essais, développer un réseau et, forcément, passer beaucoup de temps loin de chez soi. C’est précisément à ce niveau que Camille Cottin fixe sa limite. “J’ai une vie de famille, des enfants qui vont à l’école et auprès desquels je veux être, je reçois également de belles propositions en France… Les États-Unis, oui, mais pas à n’importe quel prix”, affirme-t-elle.
Derrière la comédienne internationale se trouve donc une mère qui tient à préserver un quotidien auprès de ses enfants et qui n’envisage pas sa réussite professionnelle indépendamment de sa vie personnelle. Le choix est d’autant plus facile à assumer que Camille Cottin continue de recevoir de nombreuses propositions en France. Son parcours lui permet aujourd’hui de naviguer entre plusieurs univers. Plutôt que de choisir définitivement entre Paris et Hollywood, elle semble donc préférer une carrière qui lui permette de profiter des opportunités internationales lorsqu’elles se présentent, sans en faire une obsession.
Une position que partage Fanny Herrero, créatrice et scénariste de Dix pour cent. Elle aussi a bénéficié de la formidable exposition internationale de la série et développé des projets à l’étranger. Mais elle conserve une certaine distance avec le rêve américain : “Ma culture et mon cœur sont en France. Les États-Unis, c’est un bonus.” Ce succès à l’international n’est en réalité possible que grâce à cette série profondément française. Lancée en 2015, Dix pour cent a connu quatre saisons, de nombreuses adaptations internationales et a remporté un Emmy Award en 2021. Six ans après la fin de la série, l’univers imaginé autour de l’agence ASK revient désormais sous la forme d’un film réalisé par Émilie Noblet, disponible sur Netflix à partir du 10 septembre.
La série a surtout voyagé bien au-delà des frontières françaises. Et certains de ses spectateurs étaient particulièrement bien placés pour donner un coup d’accélérateur à la carrière de Camille Cottin. La comédienne raconte avoir travaillé par la suite avec des réalisateurs et acteurs britanniques ou américains qui connaissaient déjà Dix pour cent. Elle a même découvert que certaines des plus grandes stars d’Hollywood suivaient les aventures d’ASK. Lorsqu’elle était maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes, Camille Cottin a ainsi rencontré Meryl Streep. La légende américaine lui a confié avoir regardé et adoré la série avec sa fille. "Une petite fierté", reconnaît la Française, qui ne cache pas son admiration pour elle.