C’est une histoire qui fait couler beaucoup d’encre. Depuis 2023, ce sont plus de 400 franchisés qui accusent le groupe Carrefour de les “étouffer”. Ils évoquent des contrats déséquilibrés, avec un “prix d’achat trop élevé et des clauses qui empêchent les gérants de partir voir la concurrence”. Le ministère de l’Économie a été informé et a décidé de prendre les choses en main, réclamant une amende de 200 millions d’euros. Toutefois, comme l’a indiqué La Lettre ce mercredi 11 février, Alexandre Bompard a tenté un coup de maître. À seulement quelques jours de la présentation de ses résultats annuels et de son plan stratégique à trois ans, le PDG de Carrefour fait une proposition.
Pour éteindre l’incendie et possiblement éviter un procès en 2027, Alexandre Bompard a sorti l’artillerie lourde en proposant de dédommager les franchisés. Pour cela, il met sur la table 15 millions d’euros en échange d’un retrait de la plainte le visant devant le tribunal de commerce de Rennes. Mais cette proposition sera-t-elle suffisante ? Pour rappel, les franchisés avaient assigné le groupe de distribution devant le tribunal en 2023. Ils avaient alors évoqué une série de “violations contractuelles et pratiques abusives”. La justice s’est rangée du côté des plaignants lors de la première décision, mais le PDG de Carrefour ne perd pas espoir.
Comme l’explique le média, Benoît Soury, directeur des réseaux de proximité, et Laurent Vallée, secrétaire général d’Alexandre Bompard, ont discuté avec Anthony Thibaud, président de l’Association des franchisés Carrefour. Le but était de trouver un compromis et c’est un projet d’accord qui a été présenté ce jeudi 28 janvier au conseil d’administration de l’AFC (Association des franchisés Carrefour). Il proposait essentiellement une compensation financière, avec le financement de 500 000 euros par an à l’AFC sur la période 2026-2029. Ils suggéraient ensuite, à leur avis, un nouveau partage de la valeur afin d’améliorer la marge des petites supérettes Carrefour City, Express et Contact.
La proposition a été massivement rejetée. Les millions promis n’ont pas suffi à convaincre le conseil d’administration, d’autant que l’accord exigeait que les franchisés adoucissent le jeu auprès de Bercy. Le vote a été sans appel et a même conduit à l’éviction immédiate d’Anthony Thibaud. Déchu de ses fonctions, il a été renvoyé de l’association. Pour reprendre les rênes, c’est Thierry Barbier, l’ancien président historique, qui a été appelé en urgence. Désormais, le bras de fer se durcit. Des solutions concrètes vont-elles être proposées puis acceptées, ou la justice devra-t-elle trancher ? La suite au prochain épisode !
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