À quelques minutes de la gare Saint-Charles, une petite adresse espagnole continue de faire vivre les saveurs de la péninsule au cœur de Marseille. Au 23 rue d’Isoard, Antonio Rojas accueille ses clients chez Tapas Rojas depuis 2015. Si les assiettes séduisent encore les visiteurs, remplir régulièrement les tables reste un véritable défi pour le restaurateur. Lorsqu’il lance son établissement, Antonio Rojas peut compter sur plusieurs décennies passées derrière les fourneaux. Seul aux commandes, il mise alors sur une cuisine espagnole sans artifices et des produits frais. Le bouche-à-oreille fonctionne rapidement et le restaurant atteint jusqu’à une trentaine de couverts par service.
Puis la crise sanitaire bouleverse cette dynamique. Le retour des clients se fait attendre et les difficultés financières s’accumulent. Pour tenter de faire connaître davantage son établissement, le restaurateur imagine alors des solutions parfois insolites. Une ardoise placée à proximité, un vélo utilisé comme support publicitaire ou encore un immense drapeau espagnol installé au-dessus du restaurant : Antonio Rojas tente tout pour attirer l’œil des passants.
Il a également joué la carte des petits prix. Pendant six mois en 2023, un menu entrée-plat à 9,50 euros est proposé. Une initiative relayée dans la presse locale, mais qui ne suffit pas à remplir les huit tables du restaurant. Les soirées flamenco, autrefois organisées avec des chanteurs, ont également été abandonnées car leur coût était trop important. À la place, un écran diffuse du flamenco et une guitare est accessible aux clients qui souhaitent improviser quelques morceaux.
Après avoir tenté sa chance à deux reprises, Antonio Rojas participe finalement à Cauchemar en cuisine au printemps 2025. L’intervention de Philippe Etchebest permet notamment de moderniser la cuisine, d’alléger la décoration et de donner un nouveau visage à la façade. Deux nouvelles propositions viennent aussi compléter la carte. Lorsque l’émission est diffusée quelques semaines plus tard, les curieux sont au rendez-vous. Entre juillet et septembre, Antonio Rojas retrouve une activité plus soutenue, avec 12 à 15 couverts par service. Cette embellie lui permet de régler une grande partie de ses dettes. Mais quelques mois plus tard, la fréquentation retombe.
Pour Philippe Cavanne, qui a accompagné le restaurateur, le problème se situe notamment du côté de l’emplacement. Tapas Rojas se trouve dans une rue étroite, peu fréquentée et où le stationnement est compliqué. Dans ces conditions, la communication devient essentielle. Le conseiller estime notamment que les réseaux sociaux pourraient permettre à l’adresse de toucher une nouvelle clientèle, à condition d’être alimentés régulièrement avec des contenus attractifs.
Car ceux qui connaissent Tapas Rojas semblent apprécier l’expérience. "Nous y avons mangé en famille et nous nous sommes régalés. L'accueil est chaleureux et les tapas excellents", témoigne un client. Un autre souligne un "service rapide, menu varié et de bonne qualité". Certains évoquent même "un vrai voyage dans l'Andalousie natale" ou encore "une adresse assez confidentielle que l'on ne trouve pas par hasard".
Une chose est sûre : malgré sa discrétion, Tapas Rojas a déjà trouvé les arguments pour séduire ceux qui prennent le temps de pousser sa porte. Reste désormais à faire connaître davantage cette petite table espagnole marseillaise.