Les régimes sont-ils vraiment une simple affaire de volonté ? Les chiffres mondiaux montrent en tout cas l’ampleur du défi. Comme le rapporte l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), en 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en surpoids, dont 890 millions vivaient avec une obésité. La même année, 43 % des adultes étaient en surpoids et 16 % obèses, tandis que l’obésité adulte avait plus que doublé depuis 1990. Face à cette progression, le docteur Yann Rougier défend une autre lecture de la perte de poids.
Invité du podcast Métamorphose, ce médecin spécialiste des hôpitaux de Paris, initialement neuropsychiatre et passionné de neurosciences appliquées et de nutrition-santé, remet en cause une idée très répandue : pour perdre du poids, il suffirait de manger moins et de bouger davantage. "Quelqu'un qui grossit, c'est quelqu'un qui mange trop et qui ne bouge pas assez. Donc pour mincir c'est très simple : il suffit de moins manger et de bouger plus. C'est mathématiquement juste, c'est humainement complètement faux et c'est ce qui fait que tous les régimes échouent, assure-t-il. Les gens font des efforts, ils vont mieux puis ils se relâchent et d'un seul coup ils craquent. Mais l'explication, c'est que ce qui les fait craquer ce n'est pas leur manque de volonté."
Pour le médecin, le problème se situerait donc plus profondément que dans la seule capacité à résister aux aliments. Il poursuit : "C'est parce que la racine du surpoids est dans le cerveau, dans le système nerveux. Et on ne peut pas gagner contre son cerveau. Le cerveau est là pour nous faire survivre. Quand il déclenche une opération de survie, c'est plus fort que notre volonté ou notre mentalité. Il y a une sorte de thermostat, un régulateur, le centre de la satiété qui est dans le cerveau et qui nous dit stop. Simplement on n'a plus faim. La compréhension complète, c'est de se dire pourquoi à un moment dans ma vie, alors que j'ai rechargé mon énergie, est-ce que je continue à manger ? C'est ça la vraie racine de tous les surpoids à notre époque." Une réflexion qui l’amène à défendre une approche davantage centrée sur le cerveau, le système nerveux et les mécanismes qui influencent notre comportement alimentaire.