L'aventure syndicale du chef Thierry Marx n'aura finalement duré qu'un seul petit mandat de quatre ans. À la tête de l'Umih (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) depuis 2022, il a officiellement décidé de ne pas se présenter à sa propre succession lors de la prochaine élection interne.
Il faut dire que le poste est lourd de responsabilités : ce syndicat patronal regroupe pas moins de 70 % des entreprises syndiquées du secteur des cafés, hôtels et restaurants français. Cela représente un véritable mastodonte de 35 000 adhérents, répartis à travers 106 fédérations départementales. Le 14 octobre prochain, il faudra donc lui trouver un remplaçant, et deux candidats s'affrontent désormais pour reprendre ce flambeau, à savoir Brice Sannac, l'actuel président de la branche des Pyrénées-Orientales, et Franck Chaumès, qui est lui déjà un élu en Gironde.
Mais que s'est-il passé pour que Thierry Marx décide de jeter l'éponge ? De son propre aveu, ces quatre années n'ont pas du tout été de tout repos. En effet, son mandat a été particulièrement sous tension, le chef ayant été visé par des attaques en interne, notamment de la part de son grand concurrent, le restaurateur parisien Stéphane Manigold. Ce dernier, qui s'était déjà présenté face à lui lors de l'élection de 2022, s'est indigné à de multiples reprises en accusant le chef étoilé d'avoir des liens avec l'industrie et des entreprises privées.
Lors d'une grande interview accordée au magazine Challenges, Thierry Marx s'est confié sans filtre. "Lorsque j’ai pris ce mandat en 2022, je n’imaginais pas que l’on me ferait de façon systématique un procès en illégitimité", a-t-il déploré. Le célèbre cuisinier est même allé plus loin en révélant les coulisses de ce conflit : "J’ai été mis en cause personnellement sur de prétendus liens avec l'industrie". Mais face à ces graves accusations, le chef n'a pas flanché et a sorti les griffes : "J'ai attaqué en justice et j'ai gagné."
Malgré sa victoire, cette affaire semble l'avoir définitivement vacciné contre ce milieu. "Je n’arrête pas mes engagements associatifs mais c’est fini pour le syndicalisme", a-t-il tranché auprès du magazine économique.