C'est un coin de France auquel Anny Duperey est profondément attachée. Depuis plus de quatre décennies, la comédienne partage son temps entre Paris et la Creuse, où elle a découvert bien plus qu'une maison de campagne : un véritable refuge. Pour ICI, anciennement France Bleu, elle s'est confiée avec tendresse sur cette région du centre de la France, ses paysages préservés et ce jardin auquel elle a consacré une grande partie de sa vie.
"La Creuse, c'est mon pays d'adoption, lance la comédienne de 79 ans. On dit souvent qu'elle est perdue en plein centre de la France, mais c'est bien plus que ça. La Creuse, c'est le début du massif central, c'est une nature à l'état pur, intacte. On y trouve des jardins magnifiques, des grands lacs, des petits ruisseaux et des blocs de granit monumentaux et mythiques. Ce sont ces paysages qui m'ont séduite la première fois que je suis venue, il y a plus de 45 ans." Si elle a débarqué dans le coin, c'est parce que l'homme qui partageait sa vie l'y a menée : "A la fin des années 70, j'ai découvert la Creuse avec mon compagnon Bernard Giraudeau qui avait acheté une vieille ferme à Châtelus-Malvaleix, au nord de Guéret. Depuis, la Creuse est devenue mon refuge, ma matrice et j'y passe le plus de temps possible. Ce que j'aime ici, c'est avant tout les paysages qui n'ont pas changé depuis mes arrière-grands-parents." Tout commence donc il y a plus de 50 ans maintenant. A l'époque, Anny Duperey partage la vie de Bernard Giraudeau, avec lequel elle aura deux enfants, Gaël et Sara. Cette ferme va progressivement devenir un lieu de famille, mais aussi le terrain de jeu d'Anny Duperey, qui découvre une passion inattendue pour le jardinage.
Dans son jardin, justement, elle raconte avec émotion l'histoire de cette maison : "Je vous accueille dans mon jardin. C'est Bernard Giraudeau qui avait acheté cette petite ferme complètement rudimentaire pour en faire un lieu de vacances. (...) Ce paysage, c'est rare en France, a été complètement préservé. Moi qui était peu campagnarde, j'ai eu un coup de foudre dès que j'ai pu planter quelque chose. Je crois que j'ai planté 175 espèces d'arbre différentes. (...) Mon jardin, c'est mon intimité pour ma famille, mes petits-enfants." Un amour des plantes qui ne lui était pourtant pas prédestiné. Dans un reportage de TF1, la comédienne racontait : "Avant, j'étais très citadine, je suis née à Rouen en pleine ville, ça ne m'intéressait pas du tout. Et la passion du jardin m'est venue ici. On apprend à connaître la terre, et puis ça se fait petit à petit." Le jardin est ainsi devenu une véritable œuvre de patience. Le Figaro rapportait en 2025 la présence de rosiers, d'un saule pleureur et même de deux séquoias géants ayant dépassé les 50 mètres.
Aujourd'hui encore, Anny Duperey reste attachée à Châtelus-Malvaleix et à la vie locale. Un village qu'elle décrit avec affection, loin de l'image d'une campagne isolée. "Châtelus est un bourg que j'aime beaucoup parce qu'il est très vivant. Il y a des commerçants, il y a un boulanger - ce qui devient rare dans les villages - et il y a surtout un lieu que je trouve très agréable que mes petits-enfants aiment beaucoup : le plan d'eau et sa plage avec un grand toboggan, s'émerveille-t-elle. Le conseil que je donne quand on se balade ici, c'est de bien regarder les maisons : il y a de la constructions magnifiques. (...) Les Creusois sont réservés et assez accueillants."
Avec les années, ce jardin est toutefois devenu difficile à entretenir seule. En 2025, Le Figaro indiquait qu'Anny Duperey avait cédé le domaine à ses enfants, Gaël et Sara, tout en restant liée à la Creuse, et qu'elle avait réduit les massifs pour alléger un entretien devenu particulièrement lourd. Une évolution qui ne change finalement pas l'essentiel. Car derrière les arbres, les fleurs et les hectares, il reste une histoire familiale commencée avec Bernard Giraudeau et poursuivie avec leurs enfants et petits-enfants. Et lorsqu'elle parle de la Creuse, Anny Duperey ne décrit pas seulement un territoire : elle raconte une partie intime de sa vie, celle d'une femme très citadine devenue, au fil des décennies, profondément attachée à la terre.