À 50 ans, Christophe Maé regarde le temps filer avec une forte lucidité. À l’occasion de la sortie de son septième album Fête foraine, le chanteur s’autorise à livrer une part plus intime de lui-même dans les colonnes du Journal du Dimanche. Derrière les mélodies chaleureuses et les textes lumineux, c’est un homme profondément attaché à sa famille qui se dévoile. Comme il le confie, il se retrouve confronté à une réalité que tous les parents redoutent : voir ses enfants grandir et s’éloigner. Dans cet opus, il aborde les grandes transitions de la vie, celles qui marquent et qui bousculent. Et parmi elles, une en particulier le touche de plein fouet.
Son fils aîné, désormais âgé de 18 ans, s’apprête à quitter le cocon familial pour poursuivre ses études à l’étranger. Un moment charnière, qu’il évoque avec une émotion palpable. "Je vois mon fils de 18 ans qui va bientôt se faire la malle pour suivre des études à l’étranger. Ça met un coup", confie-t-il sans détour. Un cap que son fils franchit, mais que lui, en tant que père, doit aussi apprendre à accepter. Si Christophe Maé laisse transparaître beaucoup de fierté, c’est aussi la nostalgie qui domine. Fierté de voir son enfant tracer sa propre route, s’ouvrir au monde, prendre son indépendance. Mais aussi cette petite douleur, discrète, mais bien réelle, de voir une page se tourner.
Dans ses mots, Christophe Maé évoque une prise de conscience presque brutale. Lui qui a construit sa vie autour de la musique et des siens voit aujourd’hui son quotidien évoluer. À travers son album, il aborde cette fameuse "crise du milieu de vie", ce moment où l’on regarde derrière soi autant que devant. "À 50 ans, on comprend que rien n’est éternel", explique-t-il comme une évidence qui s’impose peu à peu. Le départ de son fils devient alors un symbole pour celui qui a toujours placé sa famille au centre de sa vie. "C’est la raison pour laquelle je parle autant des miens dans cet album. Car mon refuge, c’est ma famille" avoue-t-il.
Si cette nouvelle étape familiale le touche autant, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans une histoire de vie construite à deux. Depuis plus de vingt ans, Christophe Maé partage sa vie avec Nadège Sarron, la mère de ses enfants. Une relation solide, forgée dans le temps et dans les épreuves, qu’il évoque avec une grande sincérité. "On s’est construit ensemble. Elle m’a façonné, on va dire", confie-t-il dans 50 minutes Inside. À ses côtés, il a trouvé un équilibre, une stabilité qui lui a permis de traverser les années sans se perdre. Interrogé sur le secret de leur longévité, il livre une réponse aussi surprenante qu’authentique : "Elle est si précieuse à mes yeux. Personne d’autre ne sait comme elle me réveiller, me bousculer."
Dans cet entretien, Christophe Maé insiste surtout sur la place déterminante de sa femme dans son parcours. "Elle est présente depuis le début", rappelle-t-il, en revenant sur cette période charnière où sa carrière aurait pu basculer autrement. Alors qu’un premier album était resté sans suite, il raconte être "retourné dans les bars" avant que le regard de celle qui partage sa vie ne se pose sur lui. "Elle a tout de suite cru en moi", confie le chanteur. Christophe Maé décrit aussi une femme dont le rôle est resté central au fil des années : "Dès que j’ai un doute, c’est elle qui m’aide à trancher."
Il va même plus loin en expliquant : "Je n’ai pas d’agent, pas de manager. Je m’en remets à ses décisions, car je sais qu’elles seront toujours justes." Une manière de montrer que derrière l’artiste, il y a un couple construit dans la durée. "Elle me connaît bien. Ça fait vingt-deux ans qu’on est ensemble", résume-t-il, donnant à voir un lien solide qui semble être l’un de ses plus grands repères.
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