Le projet semblait déjà particulièrement avancé dans l’esprit de Claude François Junior. Ces derniers mois, le fils du chanteur disparu avait multiplié les confidences sur son projet de reprendre le Moulin de Dannemois. Cette propriété de l’Essonne est impossible à dissocier de l’histoire de son père. L’objectif ne consistait pas seulement à récupérer un lieu familial hautement symbolique, l’homme voulait lui donner une nouvelle dimension tout en continuant à entretenir la mémoire de Claude François.
Mais une décision de justice vient sérieusement compliquer l’équation. Claude François Junior a été sanctionné dans le cadre de la faillite de sa société. Selon la décision rapportée par L’Informé, il aurait “fait preuve dans la gestion de son entreprise d’une méconnaissance coupable des obligations qui s’imposent à un chef d’entreprise”. Les juges lui reprochent notamment l’absence de comptabilité concernant la dernière année de la société ainsi qu’une déclaration tardive de cessation des paiements ayant contribué à aggraver le passif. Une autre accusation, beaucoup plus lourde, n’a en revanche pas été retenue. Le détournement de sommes à des fins personnelles qui lui était reproché n’a pas été établi. “Le grief n’est pas démontré”, indique ainsi le jugement. Le tribunal n’a pas non plus suivi la demande du procureur qui réclamait une faillite personnelle.
La sanction prononcée reste néanmoins loin d’être anodine pour l’héritier. Et pour cause, Claude François Junior se voit interdit pendant trois ans de gérer ainsi que de “contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale”. Une décision qui intervient précisément au moment où il travaille sur un projet nécessitant un investissement de plusieurs millions d’euros et la mise en place d’une structure capable d’exploiter un domaine touristique d’envergure. Car le Moulin de Dannemois occupe une place à part dans le patrimoine laissé par Claude François. La propriété est aujourd’hui détenue par la famille Lescure, admiratrice du chanteur, qui y a développé un musée accueillant les fans de Cloclo. Le fils du chanteur aimerait désormais reprendre les lieux avec un projet encore plus ambitieux. Celui de préserver la mémoire de son père tout en ajoutant au domaine un hôtel haut de gamme.
Dans ses déclarations publiques, le fils de l’interprète d’Alexandrie Alexandra laissait entendre que l’opération avait déjà franchi une étape importante. En janvier, il expliquait ainsi à Gala que le rachat se trouvait “au stade de la promesse de vente”. Le montant évoqué donne une idée de l’ampleur du projet : 11 millions d’euros pour acquérir la propriété, auxquels devraient s’ajouter “au moins 4,5 millions de travaux”, expliquait-il peu après à Paris Match. Il espérait alors pouvoir lancer le chantier en fin d’année. Seulement, la réalité des négociations serait pour l’instant moins avancée. Contrairement à ce que pouvaient laisser penser les déclarations de Claude François Junior, aucune vente n’a encore été conclue.
Julien Lescure, fils des actuels propriétaires du domaine, évoque seulement auprès de L’Informé “un accord verbal sur les contours du projet de cession”. Le passage à l’étape suivante dépend notamment de la finalisation du financement du côté des héritiers de Claude François. C’est précisément sur ce point que la condamnation pourrait rendre le dossier plus complexe. Avec une interdiction de gérer et de contrôler directement ou indirectement une entreprise commerciale pendant trois ans, Claude François Junior devra nécessairement composer avec cette nouvelle situation s’il souhaite voir son projet aboutir. L’intéressé ne considère toutefois pas que cette décision soit un blocage pour le projet. Dans une réponse adressée à L’Informé par l’intermédiaire de son avocate, il assure être “bien entouré pour mener le projet à bien”. Surtout, il estime “que l’essentiel est pour lui d’en porter et d’en garantir la vision, sans qu’il soit nécessaire d’en assurer lui-même la gérance”.
S’il indique également réfléchir à la possibilité de faire appel de sa condamnation, reste que les actuels propriétaires ont posé une condition très claire à une éventuelle transaction. La famille Lescure ne souhaite pas vendre le Moulin de Dannemois à n’importe quel acquéreur. “Nous sommes vendeurs si et seulement si ce sont les enfants de Claude François qui l’acquièrent”, explique Julien Lescure. “Sinon, elle n’est pas à vendre”, insiste-t-il. Et pourtant, un autre dossier pourrait parallèlement venir compliquer cette transaction. Un ancien attaché de presse belge réclame à Claude François Junior une somme de plus de 22 000 euros. Celui-ci avait participé en 2012 à la promotion du film Cloclo et affirme n’avoir jamais été payé pour son travail. Après plusieurs années, il aurait récemment repris ses démarches et se dit prêt à engager une procédure afin d’obtenir le règlement de cette dette.