C'était le 19 février 2019. Une figure légendaire de la mode, Karl Lagerfeld, s'éteignait à l’âge de 85 ans à Neuilly-sur-Seine, dans sa chambre de l'hôpital américain de Paris, où il était soigné pour un cancer de la prostate. À ses côtés, se trouvait Sébastien Jondeau, engagé tout d'abord comme garde du corps du couturier allemand en 1999 avant de devenir petit à petit son homme de confiance et son assistant personnel. Fort de leur relation unique, le mannequin, qui a été désigné comme l'un des huit héritiers de la fortune colossale du styliste avec Baptiste Giabiconi, Brad Kroenig, Virginie Viard, Amanda Harlech, Sophie de Langlade, Caroline Lebar et Françoise Caçotte, a choisi de rendre hommage à son ami dans un livre.
Le 27 janvier 2021, il publiait Ça va, cher Karl ? aux éditions Flammarion en référence au SMS qu'il envoyait chaque matin au créateur pour savoir s'il se portait bien. "Dans ma vie, j’ai passé autant de temps avec Karl qu’avec tous les membres de ma famille. Les liens qui se sont tissés entre nous allaient bien au-delà du travail. Il était plus qu’un père", écrivait-il, avec l'aide de l'autrice Virginie Mouzat. Cet ouvrage débute par la disparition du directeur artistique des maisons Chanel et Fendi. Dans la confidence de sa maladie, Sébastien Jondeau a vécu au plus près son combat contre le cancer. Installé dans une pièce adjacente à la suite que le créateur occupait dans l'établissement hospitalier, il l'a soutenu dans ses derniers moments.
Et de dévoiler que son mentor, qui a toujours fait attention à sa ligne, s'est laissé aller à la fin de sa vie, d'autant que ses traitements lui faisaient prendre du poids. Ainsi, l'homme aux lunettes noires en est venu à ne se nourrir presque que de foie gras et de menus McDonald’s, apprend-on dans les premières pages de Ça va, cher Karl ?. Très faible mais ayant gardé jusqu'au bout son sens de l'humour, il aurait déclaré à l'infirmière qui s'occupait de lui : "C'est quand même con d'avoir trois Rolls et de finir dans une chambre pourrie comme ça." Avant de relater la mort de Karl Lagerfeld : "À un moment, j’entends une respiration saccadée. Je demande à l’infirmière de venir sans sortir de la chambre. Elle me dit de prendre la main de Karl. 'Pourquoi, il va mourir?' - Prenez-lui la main. C’est tout. Et c’est fini. Là, devant moi, Karl, c’est fini." Un témoignage poignant qui reflète l’amitié indéfectible qui unissait les deux hommes.
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