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Georges Lautner : Mort du réalisateur des Tontons flingueurs, Le Professionnel...

Michel Audiard, Jean-Paul Belmondo et Georges Lautner à Cannes le 17 septembre 1979
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Michel Audiard, Jean-Paul Belmondo et Georges Lautner à Cannes le 17 septembre 1979
Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Le Professionnel... Michel Audiard, Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo... Tant de films et de noms qui résonnent tristement à l'annonce du décès du réalisateur français Georges Lautner. Il est mort ce 22 novembre à l'âge de 87 ans, des suites d'une longue maladie, après avoir marqué le cinéma d'oeuvres à la fois cultes et populaires. Sa passion pour le Septième Art ne lui a jamais fait défaut, face aux succès comme aux échecs, laissant derrière lui une foule de répliques inoubliables qu'il avait su merveilleusement mettre en images. Sa dépouille devrait être ramenée dans sa ville de naissance, Nice, où repose sa mère, la comédienne Renée Saint-Cyr, indique Nice-Matin.

"On n'est quand même pas venus pour beurrer les sandwichs !"

Triste coïncidence, Georges Lautner nous a quittés, quelques jours avant le 50e anniversaire du film Les Tontons Flingueurs, sorti le 27 novembre 1963. Sa santé l'empêchera de fêter cet événement comme il le souhaitait. Le réalisateur, qui devait inaugurer au début du mois à Nantes une rue au nom de son film "Les Tontons Flingueurs", a annulé sa venue pour raisons de santé mais le dernier des "Tontons" vivant, Venantino Venantini, qui jouait le garde du corps de "Monsieur Fernand" était présent. M. Lautner, souffrant, a été hospitalisé dans une clinique parisienne et les médecins lui ont déconseillé le voyage à Nantes le temps qu'il se remette, avait précisé l'une de ses proches.

Au mois d'octobre, RTL avait rencontré le réalisateur, qui a partagé des souvenirs de tournage. Parmi eux, la fameuse scène de la cuisine, avec entre autres Lino Ventura, Jean Lefebvre et Bernard Blier, qui dégustent une eau-de-vie apparemment très forte. Pour lui, Les Tontons flingueurs "n'est pas un film culte". Il se souvient d'une oeuvre réalisée "avec plaisir et des gens bien". "Je voulais être drôle, ça a fait rire donc je suis content", conclut George Lautner. Après les 3,3 millions d'entrées qui font de ce long métrage un succès, il atteint le statut d'oeuvre culte à travers ses innombrables rediffusions à la télévision. Le Parisien rappelle que son dernier passage sur le petit écran, le 2 décembre 2012, plus de 5 millions de téléspectateurs ont entendu, entre autres, Bernard Blier dire : "C'est du brutal."

Les débuts

Georges Lautner, né à Nice en 1926, sera nourri dans le sérail du cinéma français par sa mère, la comédienne Renée Saint-Cyr. Si elle l'emmène tout petit à Paris où elle commence sa carrière cinématographique et lui donne le goût pour cet art, après la guerre, son fils contribuera grandement au second souffle de son parcours en lui offrant un rôle dans onze de ses films. Son père, Léopold Lautner, est un joaillier d'origine viennoise et aviateur qui participe à des meetings aériens, pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale. Il mourra dans un accident d'avion à l'aube de la Seconde Guerre, à l'âge de 45 ans.

Lycéen au sein de l'établissement Janson-de-Sailly à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, il obtient un Bac philo-sciences et choisit de s'orienter vers le cinéma. C'est par de petits métiers qu'il fera ses premiers pas et lors de son service militaire en Autriche, il fera un stage de de projectionniste 16 mm. Puis il est envoyé au service cinématographique des armées de Paris, côtoyant Claude Lecomte et Marcel Bluwal.

Second assistant-réalisateur de Sacha Guitry en 1949 pour Le Trésor de Cantenac, George Lautner affirme durant les années 1950 son expérience derrière la caméra, abandonnant l'idée de devenir acteur. Il se plaît sur les plateaux, s'intéresse à tout, et développe un sens aiguisé de la débrouillardise. Après l'échec de son premier long métrage, La Môme aux boutons (1958), il porte à l'écran le roman de Jack Murray, Marche ou crève, un an plus tard, avec un certain Bernard Blier. Un film qu'il considèrera comme sa véritable première réalisation. La comédie policière Le Monocle noir (1961) lui permet d'obtenir un succès commercial, ses aventures avec Paul Meurisse en agent secret plaisent au public à tel point qu'il aura deux suites (L'oeil du monocle et Le monocle rit jaune).


"La science du cinéma populaire"

La patte Lautner se définit. Adepte des gros plans, Georges Lautner savait aussi donner du rythme à ses films grâce à un montage serré, rappelle l'AFP. "Michel Audiard disait de lui qu'il était le roi des monteurs", se souvient Rémy Julienne, qui a effectué les cascades sur un grand nombre de ses films. "Il avait la science du cinéma populaire".

Un cinéma populaire qui fourmille de répliques fameuses, traversant sans mal les années. Avec le dialoguiste de génie Michel Audiard, Georges Lautner signera Les Tontons flingueurs, Des pissenlits par la racine - avec Louis de Funès -, Les Barbouzes, Les Bons vivants, Ne nous fâchons pas, La Grande Sauterelle, Fleur d'oseille, Le Pacha, Mort d'un pourri, Flic ou voyou, Le Guignolo, Le Professionnel, Est-ce bien raisonnable ? et La Cage aux folles III, 'Elles' se marient. Ses collaborations seront nombreuses aussi avec Mireille Darc. Elle tournera treize films avec lui et il va faire d'elle une star avec notamment Les Barbouzes en 1964 pour lequel elle décroche son premier rôle principal.

Fort d'une cinquantaine de films et soixante ans de carrière, Georges Lautner a évoqué son parcours dans le livre publié en 2005, On aura tout vu - titre de son film avec Pierre Richard de 1976. "J'ai eu la joie de collaborer à certaines de ces oeuvres, pas à toutes, eh bien que "j'y sois" ou non, je retrouve ce ton très particulier qu'il faut bien, à la fin des fins, appeler lautnerien. Lautner, ça existe. Voilà. Il faut bien admettre que pour s'être imposé (et comment !) dans ce boulot où nulle réussite n'est le fruit du hasard, Lautner possède quelques petites qualités personnelles. Lesquelles ? Une complicité instantanée, presque magique, avec les comédiens, un amour minutieux du cadrage, une certaine passion pour la pyrotechnie, et surtout un sens prodigieux du rythme aidé par le fait (j'allais oublier ce détail !) que Georges Lautner est le meilleur monteur du cinéma français. C'est pas si mal, tout ça", dira Michel Audiard.

Le "Pacha" du box office

Georges Lautner a cumulé avec tous ses films près de 50 millions d'entrées dans les salles. Les années 1970 sont d'ailleurs les plus prolifiques pour le réalisateur, enchaînant les succès avec Il était une fois un flic, Quelques messieurs trop tranquilles, La Valise, Les Seins de glace, On aura tout vu et Mort d'un pourri. Dans ce dernier, il fait jouer de nouveau Alain Delon mais ce n'est pas avec ce monstre sacré du cinéma qu'il nouera une superbe amitié. En 1979, le cinéaste dirige "Bébél" dans Flic ou voyou. Devenus amis, Belmondo et Lautner vont signer ensuite trois films ensemble : Le Guignolo, Le Professionnel - énorme succès de 5,2 millions d'entrées accompagné de la musique composée par Ennio Morricone - et Joyeuses Pâques. Mais il y aura aussi les révélations des talents Gérard Lanvin et Miou-Miou qui auront le plaisir de tourner devant la caméra de Lautner dans Est-ce bien raisonnable ?.

La mort de Michel Audiard en 1985 marque un tournant inévitable dans la carrière de Georges Lautner. Le réalisateur offre à l'acteur-chanteur Patrick Bruel le rôle d'un soldat blessé dans La Maison assassinée en 1988, mais ses longs métrages suivants ne dépasseront pas les 100 000 entrées. Sa dernière réalisation, datant de 1992, il la signera avec Jean-Paul Belmondo, L'Inconnu dans la maison, libre adaptation du roman de Georges Simenon. Le succès ne sera pas au rendez-vous. Il travaillera pour la télévision encore et en 1996, monsieur Lautner a éteint sa caméra.



Lors du Festival de Cannes 2011, George Lautner était présent pour l'hommage fait à son ami Jean-Paul Belmondo et il ne manquera pas la soirée en l'honneur de Bébel à Lyon en octobre dernier, au Festival Lumière, posant avec son épouse. Des retrouvailles toujours émouvantes des deux "Professionnels" du cinéma français. L'interview par Alain Kruger sur France Culture qu'il avait donnée en mars 2013 a désormais un écho bouleversant. "Blier, Gabin, Ventura, de Funès, qu'il aimait passionnément : 'Cette évocation de tous ces noms, de ces gens qui ont fait sa vie et qui ne sont plus là, ça l'a bouleversé, raconte Kruger. Pour nous qui ne les avons pas connus, les images les immortalisent. Mais pour lui, elles ne les ressuscitent pas... ' Elles lui procurent même 'une peine épouvantable', confie Lautner." C'est à son tour de nous plonger dans la tristesse.

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