Révélé auprès du grand public dans Touche pas à mon poste !, Bertrand Chameroy s'est depuis imposé comme l'un des chroniqueurs les plus appréciés du paysage audiovisuel. Après être passé par W9, Europe 1, France Inter ou encore C à vous sur France 5, où il poursuit ses chroniques aux côtés d'Anne-Élisabeth Lemoine, il a récemment annoncé son départ de France Inter. Mais il y a un peu plus d'un an, c'est une tout autre actualité qui avait marqué son parcours. Après s'être absenté de C à vous, évoquant alors "une grosse grippe", il raconte aujourd'hui ce qu'il traversait réellement : une dépression.
Quelques semaines après avoir brisé le silence dans le podcast PSYCHIK, Bertrand Chameroy est revenu sur cette période dans Un monde, un regard, sur Public Sénat. "Le mot dépression ne me fait plus peur. Mais c’est vrai que pendant très longtemps, j’ai eu tendance sans aucun problème à dire : 'Oui, je suis mélancolique, ça fait partie de mes traits de caractère'. C’est plus joli que dépression. Dépression est un mot qui ne devrait pas faire peur", explique-t-il. Pendant des années, il a tenté de masquer ce mal-être. "Surtout quand on fait un métier comme le mien qui consiste à faire rire. Et puis, je suis quand même quelqu’un d’assez jovial et joyeux au quotidien, poursuit le chroniqueur qui avait déjà évoqué son état. L’un n’empêche pas l’autre, mais à force de mettre la poussière sous le tapis, arrive le jour où je me suis un peu effondré intérieurement et je sentais que je n’y arrivais plus. Et comme je suis quelqu’un d’extrêmement sensible, avec tout ce que ça peut comporter, je sentais le moment où les fils se touchaient et qu’il était temps de se prendre en main."
Face à la gravité de la situation, le chroniqueur prend une décision radicale : se faire hospitaliser : "Parce que j’avais déjà suivi des séances de psy, été accompagné et je pensais que ça allait mieux. Puis, je me suis rendu compte que non. Donc, je me suis dit : 'Là, je me sens démuni, mes proches n’y arrivent pas non plus. Donc, je vais tenter. On verra bien ce que ça donne'. Je dis souvent que c’est le plus beau cadeau que j’ai pu me faire." Bertrand Chameroy reconnaît qu'il avait lui aussi de nombreux préjugés sur l'hôpital psychiatrique. "Je m’attendais à voir des gens complètement zinzins. Enfin, le cliché qu’on a des films et des séries qui marchent en parlant seul, alors que pas du tout. Ce sont des gens comme vous et moi, de toutes catégories socio-professionnelles et qui flanchent", avoue-t-il. Si cette décision pouvait faire peur pour sa carrière, il affirme qu'il s'agissait avant tout d'une question de "survie" et se réjouit d'avoir reçu "une compréhension totale" de la part de ses employeurs et de ses collègues. Aujourd'hui, toujours suivi, il veille à préserver son équilibre grâce au sport, à la lecture et à une vigilance de chaque instant : "Je suis mieux armé, mais d’autant plus vigilant. Je ne me dis pas : 'Ça y est, c’est bon, c’est réglé, tout est derrière moi'. Si c’était si simple que ça..."
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