Pour des millions de téléspectateurs, Corinne Touzet reste indissociable d'Isabelle Florent. De 1996 à 2007, la comédienne a incarné cette gendarme dans Une femme d'honneur, l'une des séries phares de TF1, dont les épisodes ont parfois réuni plus de 10 millions de téléspectateurs. Une aventure qui lui a offert une immense popularité, mais dont la fin a également marqué le début d'une période plus compliquée professionnellement.
Invitée de Quelle époque ! en mai dernier, Corinne Touzet avait raconté avoir eu beaucoup de mal à retrouver sa place après avoir été associée pendant si longtemps à son personnage. "À un moment donné, ça fait trente-huit ans que je suis sur les plateaux, j'ai démarré à 17 ans, je ne sais pas ce que je vais devenir. Plus personne ne veut de moi, je ne travaille plus", avait-elle confié. Elle assurait même s'être "fait blacklister", avant d'expliquer que les actrices qui avaient incarné les grandes héroïnes de télévision des années 1990 avaient souvent connu le même problème : "On était trop connotées, on ne pouvait pas jouer autre chose, on avait le droit de faire rien d'autre que ça. On ne nous proposait rien d'autre."
Le théâtre lui a finalement permis de rebondir. Après avoir notamment rencontré le succès avec Le Duplex, l'ex-compagne du chanteur Bernard Lavilliers est aujourd'hui productrice de Déni, pièce jouée au Théâtre de Paris depuis le 18 septembre. Elle s'apprête également à repartir sur les routes avec Ken ou comment rencontrer l'homme de sa vie. Et c'est pour évoquer cette actualité que Corinne Touzet était invitée de Télématin ce vendredi 25 septembre. Au cours de l'entretien, la comédienne est revenue sur ses débuts, bien avant Une femme d'honneur. Enfant, elle rêvait de devenir clown et, alors qu'elle suivait ses études à Aix-en-Provence, elle montait déjà des spectacles dans la rue.
Lorsqu'on lui a demandé ce qu'elle dirait aujourd'hui à la jeune femme qu'elle était à cette époque, Corinne Touzet a été gagnée par l'émotion. Elle s'est appuyée sur un passage de son spectacle pour répondre : "Je pars en tournée avec un spectacle qui s'appelle 'Ken ou comment rencontrer l'homme de sa vie', et j'ai cette phrase à un moment donné, j'ai un monologue, je dis : 'C'est allé tellement vite, tellement. Je n'ai pas vu le temps passer en fait.' Et c'est un moment que j'adore. Et si j'avais cette jeune fille devant moi, je lui dirais : 'Profite, je t'en supplie, profite le plus possible, au maximum, parce que ça passe vite, très vite.'" Au bord des larmes, elle a poursuivi en rappelant tout ce qu'elle devait à ses premières expériences sur scène : "Mais en revanche, les planches, le cirque, la rue m'ont tout appris. Vraiment, m'ont tout appris. C'est plus qu'une école, c'est la vie. Les gens passent sur le trottoir et il faut arriver à les arrêter. Et ça, c'était mon credo. Et j'ai démarré comme ça. Et pour ceux qui ne le savent pas, oui, j'ai fait tout mon apprentissage sur les planches à Aix-en-Provence." Une séquence émouvante.