Sophie Adenot a-t-elle vraiment quitté l’espace ? Pas tout à fait. Elle assure ne pas avoir "complètement atterri". Et pour cause, la spationaute de 44 ans rentre d’une mission hors norme. Elle est partie le 13 février 2026 pour l’ISS et y est restée 235 jours. Un record pour un Européen. Elle est aussi la première Française à avoir réalisé une sortie extravéhiculaire. Son amerrissage a eu lieu le 8 octobre dernier. Depuis, elle tente de réapprivoiser la Terre.
Ce lundi 2 novembre, elle était au micro de RTL face à Marc-Olivier Fogiel, et les émotions sont montées à l’évocation de l’actualité. Sophie Adenot a d’abord décrit le choc du retour : "Quand on est là haut, Terre est magnifique, on observe ses paysages, les océans, les îles, etc. [...] On revient ici et il y a une dissonance cognitive. On a du mal à comprendre le décalage entre l’immensité du beau et la réalité quotidienne qui est compliquée pour beaucoup de gens", a-t-elle déclaré.
Puis, au cours de l’entretien, elle a craqué. Sa voix s’est serrée et, visiblement, les larmes sont montées. "J’ai les émotions à fleur de peau", a-t-elle reconnu. "Vous pleurez sec", a alors lancé Marc-Olivier Fogiel. Celle qui est également pilote d’hélicoptère a glissé : "Sur des petites choses, des petits riens et de pas comprendre ce qu’il se passe…".
Elle évoque alors, sans le dire, le mouvement lycéen qui secoue le pays depuis septembre dernier. Les élèves réclament, entre autres, plus de professeurs et de meilleures conditions d’étude. Interrogée sur le sujet, l’astronaute a affirmé : "C’est pas que je ne comprends pas. Il y a des souffrances, des gens en perte de repères".
Sophie Adenot a poursuivi : "Pendant toute ma mission, j’ai essayé de donner une petite lueur d’espoir, donner un petit quelque chose de positif, un petit brin de fraîcheur". Et d’ajouter : "De voir qu’il y a toutes ces souffrances au final pour lesquelles j’ai beaucoup d’empathie... Moi, j’ai envie de donner aux jeunes cette possibilité de croire en l’avenir."
Mais la collègue de Thomas Pesquet a tout de même fini sur une note plus joyeuse, en évoquant les lettres reçues par centaines pour la remercier.