Bernard Lavilliers n’a jamais été du genre à garder ses opinions pour lui. Alors que des lycéens se mobilisent actuellement, l’interprète de Noir et Blanc leur a apporté un soutien sans détour. "Ils ont raison de se mobiliser", estime-t-il dans un entretien pour Le Monde, rappelant que les jeunes sont trop souvent décrits comme désintéressés par la politique ou incapables de se forger leur propre opinion. "On n’a pas cessé de dire que ces gamins sont décérébrés par les réseaux sociaux et le numérique", déplore-t-il, avant de balayer cette idée reçue : "C’est donc faux."
Cette prise de position n’a rien d’anodin chez l’artiste, qui a toujours fait de ses chansons un moyen de parler du monde et de ses fractures. En 1986, son titre Noir et Blanc dénonçait déjà l’apartheid et faisait écho aux combats contre les dictatures. La même année, les manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet avaient marqué l’actualité française. Quarante ans plus tard, Bernard Lavilliers retrouve dans la mobilisation des jeunes une forme de continuité avec les luttes qu’il a racontées tout au long de sa carrière.
© Instagram, Story Instagram de Bernard Lavilliers
Le Stéphanois a célébré ses 80 ans le 7 octobre dernier. Né en 1946, celui qui se définit volontiers par son goût des voyages et des rencontres continue de regarder le monde sans détour. Père de quatre enfants, Anne-Laure, née en 1967, Virginie, née en 1972, Guillaume, né en 1975, et Salomé, née en 1987, il n’a jamais cessé de défendre une musique qui porte un regard sur son époque. Son parcours l’a mené du Brésil au Congo, des quartiers populaires aux grandes scènes, avec cette même envie de donner une place aux oubliés.
Et l’actualité lui offre une nouvelle occasion de faire entendre sa voix. Ce vendredi 23 octobre, Bernard Lavilliers a dévoilé Rite cruel, son nouvel album studio, pensé comme un appel à la résistance. Avec le titre Coriace, il chante la nécessité de tenir bon et d’agir, dans un climat qu’il juge inquiétant. Une trentaine de dates sont également prévues à partir de janvier 2027, avec deux concerts au Zénith de Paris les 4 et 5 mars. À 80 ans, le chanteur continue donc de faire ce qu’il sait faire depuis ses débuts : raconter son époque, quitte à déranger, et rappeler que les mots peuvent encore servir à se battre.