“Cela aura été un plaisir immense de partager ce moment sur scène avec vous deux.” Le 16 septembre dernier – deux jours après la mort de la chanteuse emblématique des Rita Mitsouko – Guillaume Rossel publiait sur son compte Instagram une photo de Rachid Taha et Catherine Ringer interprétant la chanson Ya Rayah sur la scène du Zénith de Paris, le 13 février 2015 lors de la trentième cérémonie des Victoires de la musique. Sur le cliché, derrière eux et frappant sur les futs de sa batterie, on aperçoit un homme à la fine moustache, aux cheveux gris et à la cravate noire desserrée. Ce musicien, alors âgé de 40 ans, c’est justement Guillaume Rossel, batteur de son état, fils de Bernard Lavilliers et d’Évelyne Rossel. Cette dernière est l’ex-compagne de Bernard et la mère de ses deuxième et troisième enfants : Virginie (née en 1972) et Guillaume (né en 1975). Interprète, en 2014, de la chanson Idées noires (sur l'album Acoustique) en duo avec cette même Catherine Ringer, Lavilliers a dû apprécier.
Alors qu’il sort son album Rite cruel le 23 octobre, le natif de la Loire s’apprête, à 80 ans, à faire la tournée des Zénith et des Arena du pays. Peut-être y chantera-t-il des titres des albums Clair-obscur et Arrêt sur image, sortis respectivement en 1997 et 2001. Ces disques présentent la particularité d’avoir été réalisés avec Guillaume Rossel, alors tout jeune batteur. Sur le premier, il co-signe avec son père la chanson Exil. Sur le second, ils collaborent sur Délinquance et Les Tricheurs. Après ces œuvres construites en commun, Guillaume a poursuivi sa route, au fil d’associations avec le groupe BB Brunes (album Puzzle en 2017), Christophe Miossec ou, donc, Rachid Taha (notamment l’album Zoom en 2013). L’an dernier, il a travaillé avec le groupe breton Roszalie, participant à des ateliers avec des lycéens de Fougères (Ille-et-Vilaine). Après un passage au festival les Trans Musicales de Rennes, le groupe a joué en Pologne. “Ça va commencer à se développer un peu à l’international”, espérait, en 2025, Guillaume sur le site internet des Trans Musicales.
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Outre ce fils qui suit ses traces et sa sœur Virginie, Bernard Lavilliers a eu deux autres enfants : Anne-Laure, née en 1967 d'une première union, et Salomé, née en 1987 d'une rencontre avec Françoise. “Je devais gagner ma croûte parce que j’ai eu des enfants très tôt”, a confié l’artiste voyageur au journal Le Monde en 2013. À son ultime rejeton, il a dédié en 1991 la chanson Salomé : “Quand Salomé rêve/On dirait qu'elle entend des bossas-novas/Ses yeux noyés de terre de sienne/Et de berceuses vénitiennes.” Pourtant, de son propre aveu, Bernard n’a jamais été un père omniprésent. En 2019, sa compagne Sophie confiait à Paris Match qu’il avait un vrai problème avec le fait d’être père. “Elle a raison, ne se cachait pas Lavilliers. Mais j’ai mis mes quatre enfants à l’abri. Je te rappelle que ma fille aînée a près de 50 ans. Virginie et Guillaume vivent à Rennes et bossent dans la musique. Et Salomé, la petite dernière, veut être DJ. Elle est rentrée de New York, où elle était pour parfaire son anglais.”
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À la question de savoir s’il passait du temps avec ses enfants ou les réunissait tous les quatre pour les fêtes de famille, sa réponse était également sans détour : “Non, ils sont grands, nous n’avons plus l’âge pour ça. Mais honnêtement, j’ai toujours été là pour eux (…) Evelyne, la mère de Guillaume et Virginie, comprenait mon métier, mon besoin de partir sur les routes. Elle a assuré pour deux, c’est vrai. Mais je crois que je n’étais pas fait pour cette vie-là.” Dans la même interview, Sophie acquiesçait : “Dans la vie actuelle de Bernard, il n’y a pas de place pour un enfant, c’est évident. Et c’est aussi peut-être ce qui nous a permis de tenir aussi longtemps. Et une santé de fer.” Inutile donc de se demander comment Lavilliers a trouvé l’inspiration pour le premier single extrait de son nouvel album. Son titre ? Coriace.