Derrière la rigueur qu'elle déploie chaque matin à la matinale de France Inter et l'exigence de son émission Le Dessous des images sur Arte, Sonia Devillers cultive un équilibre de vie bien à elle. À 51 ans, la journaliste et autrice du roman Le Fabuleux Piano mène une existence intense qu'elle canalise grâce à des rituels de décompression très personnels. Mère de deux grands enfants, elle navigue aujourd'hui entre son rôle de maman de jeunes adultes et un besoin viscéral de s'aménager des moments de quiétude.
La musique classique constitue son premier refuge, comme elle l'a confié au Parisien. Si elle confesse ne pas savoir jouer d'instrument, Sonia Devillers a transformé cette frustration en un outil de concentration redoutable. "Je m’isole dans une bulle de piano pour finir d’écrire mes interviews et mettre mon cerveau en ordre de marche", confie-t-elle. Dans l'agitation de la rédaction, cette immersion musicale lui permet de s'apaiser et d'entrer en studio avec "des notes plein la tête".
Pour se ressourcer physiquement, la journaliste a trouvé son rythme avec des activités qui lui conviennent. "Je nage comme une patate, je n’ai jamais trouvé le souffle pour courir. En revanche, j’aime marcher, et je peux parcourir 20 kilomètres d’affilée", explique celle qui est aux commandes de la matinale de France Inter. Dès qu'une après-midi se libère, elle file vers les berges du Loing. Mais son véritable havre de paix se situe en baie de Somme, idéal pour pallier un manque urbain essentiel : "Ce qui me manque le plus, à Paris, c’est de voir du ciel." Face à la mer qui se retire, elle savoure l'illusion de "marcher sur le ciel qui s’y reflète", une sensation qu'elle décrit comme une "expérience magique qui remet les idées en place".
Au quotidien, l'équilibre de Sonia Devillers passe aussi par un besoin irrépressible d'ordre qui s'apparente à une thérapie. "Je trie, je donne, je jette, ça me calme, ça me fait du bien. Je déteste les piles, les fatras et les tas", admet-elle volontiers. Cette maniaquerie assumée s'exprime également dans la sphère familiale, bien qu'elle doive désormais composer avec l'indépendance de sa progéniture. "Mes fils sont grands, maintenant, je ne peux plus ranger leur bazar, mais ça me démange, et il faut que je me réfrène", s'amuse cette maman de deux garçons récemment devenus majeurs.
Ces derniers ont d'ailleurs été les premiers spectateurs de l'une de ses lubies les plus inattendues : l'adoption d'une tortue d'Hermann. "Les seuls animaux que j’aime sont les animaux lents et un peu maladroits. Je les trouve irrésistiblement comiques", raconte-t-elle, avant d'ajouter : "Mes fils ont piqué un bon millier de fous rires avec cette affaire : ils ne me croyaient pas. Ils ont eu tort !"
Le prénom du reptile, Kendall, trahit l'ultime secret de détente de la journaliste : une fascination absolue pour le clan Kardashian. Si elle estime pouvoir "écrire une thèse sur le sujet" d'un point de vue sociologique, elle avoue que "c’est en bonne midinette" qu'elle passe ses insomnies à contempler la célèbre famille sur Instagram. Une légèreté qu'elle savoure au même titre que son grand péché mignon. Adepte des douceurs crémeuses, elle déclare : "Avec de la crème chantilly, la vie est toujours plus belle." Un plaisir brut, d'autant plus lorsqu'il s'agit de la chantilly fraîche du marché : "Le fromager me remplit un pot à ras bord, que j’attaque direct à la cuillère."