Javier de Haro, psychologue spécialisé dans la parentalité : "Il est important que, lorsque les parents crient sur leurs enfants, ils réagissent comme ceci"
Publié le 26 juillet 2026 à 17:01
Les vacances d'été, synonymes de moments précieux en famille, peuvent aussi se transformer en véritable défi parental. Entre l'ennui qui guette les enfants et les disputes fraternelles, comment naviguer sereinement ? Découvrez les conseils avisés du psychologue Javier de Haro pour transformer ces journées en opportunités d'apprentissage et de complicité renforcée, et apprenez à gérer les défis estivaux.
Javier de Haro, psychologue spécialisé dans la parentalité : "Il est important que, lorsque les parents crient sur leurs enfants, ils réagissent comme ceci"
L'été favorise souvent deux difficultés à la maison : l'ennui des enfants et les disputes entre frères et sœurs.

Pexels Pour le psychologue Javier de Haro, il est essentiel d'apprendre aux enfants à s'occuper seuls, car « l’ennui est sain et nécessaire ».

Pexels Plutôt que de proposer un écran, le psychologue conseille de les guider avec une question : « Mon chéri, qu'est-ce que tu crois pouvoir faire ? »

Pexels Pour limiter les conflits entre frères et sœurs, il recommande de conserver quelques règles simples, même pendant les vacances.

Pexels Après une dispute, chaque enfant doit réfléchir à sa part de responsabilité en se demandant : « Qu'aurais-tu pu faire la prochaine fois ? »

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Les vacances d'été sont souvent synonymes de journées plus longues en famille, mais elles peuvent aussi mettre les parents à l'épreuve. Entre les célèbres "Je m'ennuie" qui reviennent en boucle et les disputes entre frères et sœurs, la période estivale bouleverse les habitudes et demande parfois de revoir son organisation. Invité de l'émission Herrera en COPE, le psychologue pour enfants et conseiller scolaire Javier de Haro a partagé plusieurs conseils pour aider les familles à traverser cette période plus sereinement, notamment avec des enfants jusqu'à 11 ou 12 ans.

Apprendre à s'ennuyer plutôt que multiplier les écrans

Dans son cabinet, Javier de Haro constate que l'ennui est l'une des principales difficultés rencontrées par les parents durant les vacances. "Lorsqu'un enfant s'ennuie, son activité physique habituelle consiste soit à chercher ses parents, soit à se disputer avec son frère ou sa sœur", explique-t-il. Selon lui, une grande partie de ces tensions trouve son origine dans un "manque d'organisation". Face à cette situation, le spécialiste invite les parents à ne pas céder systématiquement aux écrans. Pour lui, les divertissements numériques doivent rester occasionnels et être réservés à certains moments de la journée, comme pendant les heures les plus chaudes. La véritable solution est ailleurs : "il faut leur apprendre à s’ennuyer, que l’ennui est sain et nécessaire".

Cet apprentissage demande toutefois de la patience. Dès l'âge de 3 ans, les enfants peuvent progressivement apprendre à jouer seuls pendant de courtes périodes et à "savoir attendre". Lorsqu'ils grandissent, Javier de Haro recommande de mettre en place un "kit anti-ennui", composé de cinq ou six activités qu'ils peuvent réaliser en toute autonomie. Pour stimuler leur imagination, il utilise parfois une méthode inattendue : "Je vais vous donner quelques devoirs, ou bien on fera une dictée". L'objectif n'est pas de les punir, mais de les pousser à chercher eux-mêmes une occupation. Plutôt que de leur proposer immédiatement une solution, le psychologue conseille ainsi de leur poser une simple question : "Mon chéri, qu'est-ce que tu crois pouvoir faire ?" Une façon de développer leur créativité et leur autonomie.

Prévenir les disputes entre frères et sœurs

L'été favorise également les rivalités fraternelles. Avec davantage de temps passé ensemble et la disparition du cadre scolaire, les conflits ont naturellement tendance à se multiplier. Pour Javier de Haro, l'idéal est donc de conserver un minimum de structure tout au long des vacances, sans pour autant imposer un emploi du temps trop rigide. Le psychologue estime que la meilleure approche consiste à agir avant même que les tensions n'apparaissent, tout en accompagnant les enfants une fois le conflit terminé. Cela passe notamment par des règles simples, comme interrompre immédiatement une activité lorsqu'une bagarre éclate. Selon lui, cette méthode est "formidable", car elle apprend aux enfants à résoudre leurs différends calmement s'ils souhaitent conserver certains privilèges.

Une fois les esprits apaisés, il recommande également d'échanger individuellement avec chacun d'eux afin de les amener à réfléchir à leur propre comportement. La question à leur poser est toujours la même : "Qu'aurais-tu pu faire la prochaine fois ?". Une manière de les encourager à trouver d'autres stratégies que la violence pour gérer leurs désaccords. L'attitude des parents doit néanmoins évoluer avec l'âge des enfants. Chez les plus jeunes, entre 3 et 5 ans, leur rôle de médiateur reste indispensable. À partir de 5 ou 6 ans, en revanche, Javier de Haro estime qu'il est souvent bénéfique de les laisser régler eux-mêmes leurs différends, tant que la situation ne dégénère pas en manque de respect ou en agression physique.

L'autorité passe aussi par l'exemple

Le spécialiste rappelle enfin que les parents jouent un rôle essentiel dans la manière dont les conflits sont gérés au quotidien. Face à une attitude insolente, il recommande de poser des limites immédiatement, quitte à reprendre la discussion plus tard, une fois le calme revenu. Il invite également les adultes à s'interroger sur leur propre comportement. "Sans nous en rendre compte, nous, parents, sommes parfois les premiers à crier". Selon lui, reconnaître ses erreurs fait partie intégrante de l'éducation. Il estime ainsi qu'il est essentiel que les parents sachent eux aussi présenter leurs excuses.

S'appuyant sur les travaux du pédiatre Carlos González, Javier de Haro met également en garde contre le risque de "faire un mauvais usage de l'autorité, car nous l'assommons souvent en criant, en menaçant, etc". À ses yeux, l'autorité ne repose pas sur les cris, mais sur la cohérence. Être ferme consiste à annoncer une conséquence puis à la respecter, sans jamais tomber dans l'agressivité. Comme il le rappelle, être ferme "n'est pas être agressif". Enfin, le psychologue conseille aux parents de "ne s'engager que dans les batailles les plus importantes" et de concentrer leur énergie sur ce qui est "vraiment important". Il recommande également d'organiser régulièrement de "petites réunions informelles" entre les deux parents afin de définir ensemble les règles essentielles et de s'assurer qu'ils sont tous les deux "sur la même longueur d'onde".

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Par Oriane Theodose | Cheffe de rubrique Mode, beauté et bien-être
Cheffe de rubrique mode, beauté et bien-être chez Ode, formée à l’IICP Paris, je pilote et décrypte les tendances qui rythment les univers lifestyle contemporains.
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