L'affaire judiciaire visant Patrick Bruel continue de connaître de nouveaux développements. Le chanteur et comédien est mis en examen pour viol, tentative de viol, agression ou harcèlement sexuel sur quatre femmes et bénéficie par ailleurs du statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers. Il conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés et demeure présumé innocent. Après avoir récemment annoncé l'annulation de sa tournée, c'est désormais la chanteuse, actrice et animatrice Helena Noguerra qui livre son témoignage dans une lettre envoyée à la justice, revenant sur des faits qu'elle affirme avoir vécus en 2000.
Selon Paris Match, Helena Noguerra explique avoir décidé d'écrire à la justice après les premières plaintes déposées en Corse il y a quelques années. "Tout a commencé en 2019, quand il y a eu des plaintes contre Patrick Bruel au préjudice des masseuses. J’ai envoyé une lettre manuscrite au parquet en Corse pour dire que je soutenais ces femmes, car moi-même j’avais été victime de Patrick. Je voulais que le parquet sache que le récit de cette femme correspondait certainement à la réalité", explique-t-elle. L'artiste précise ne pas avoir déposé plainte, indiquant qu'elle ne fait "pas confiance en la justice", mais avoir adressé une lettre au parquet le 22 mars 2022 avant d'être auditionnée par les enquêteurs le 4 juin 2026. Toujours selon nos confrères, elle établit un parallèle entre son récit et celui d'une plaignante : "Ce qui m’avait interpellée dans le récit de la plaignante en Corse, c’est qu’elle disait qu’il lui avait pris les poignets et lui avait fait poser ses mains sur son sexe. C’est ce que j’avais aussi vécu."
Dans Paris Match, Helena Noguerra revient ensuite sur un tournage réalisé en 2000 pour l'émission Une journée avec, consacrée ce jour-là à Patrick Bruel. Elle explique connaître l'artiste depuis plusieurs années et ne voir aucune ambiguïté lorsqu'il l'invite dans sa loge. "Je ne me suis pas posé de questions. Je n’ai pas vu de piège", se souvient-elle. Elle affirme ensuite avoir repoussé un premier baiser et lui avoir signifié son refus. "Je me suis dit : il m’embrasse et ce sera tout. Je ne me sens pas en danger tout de suite. Et je le repousse simplement en lui disant quelque chose comme non. Je lui exprime un refus qui n’est pas ambigu", poursuit la star. Selon son témoignage publié par Paris Match, Patrick Bruel lui aurait alors répondu : "Justement, depuis le temps qu’on se désire." Helena Noguerra poursuit : "Mais cela va très vite. Il attrape mes deux poignets et je suis bloquée avec les mains en bas. Il prend mes mains et il les met sur son sexe par-dessus son jean. Avec sa force et son visage collé, il m’a poussée et il m’a couchée sur la table." La scène ne prend pas fin de suite : "De mes mains, j’essaie de le repousser et lui, avec ses mains, il a soulevé ma jupe et essaie de baisser mon collant résille. Il descend mes collants, je lutte, je les remonte… Il essaie aussi d’atteindre ma culotte, je ne sais plus si je lui ai parlé, possiblement 'arrête Patrick, arrête, mais non, mais non'. Et comme s’il sortait soudain d’un état, il a fini par lâcher et j’ai remis ma jupe vers le bas, puis je suis sortie pour rejoindre mon équipe technique en descendant l’escalier en colimaçon." Elle affirme avoir tenté de résister et ajoute : "J’aurais pu crier, mais on a honte de sa honte. Donc on ne crie pas."
Toujours selon Paris Match, Helena Noguerra indique avoir parlé de cet épisode à son entourage dès sa sortie de la loge : "Ce qui me frappe, c’est que personne ne semble penser que ce qui vient de se passer est grave. Tout le monde est surpris par ce qui vient d’arriver, mais personne ne semble mesurer que c’est bel et bien une agression." Contactée par Paris Match, elle confirme aujourd'hui son témoignage tout en précisant ne pas souhaiter s'exprimer davantage à ce stade. De son côté, Patrick Bruel, interrogé par les enquêteurs sur ces déclarations, a réagi : "Je ne me souviens pas de cette scène. C’est possible qu’on se soit embrassés, je ne sais pas. Je ne l’ai certainement pas embrassée de force (…). Dans l’absolu, oui, c’est possible, mais de manière consentie. Mais je n’en ai aucun souvenir." Concernant le récit évoquant une contrainte physique, il a également déclaré : "Cette scène n’a absolument pas pu se produire. Qu’est-ce que c’est que ce récit ?"
Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu'à clôture définitive du dossier.