A 79 ans, Julien Clerc n’a aucune intention de raccrocher le micro. Alors que certains artistes songent à lever le pied, le chanteur poursuit sa route avec la même passion et une nouvelle tournée baptisée Une vie. Lancée au début de l’année 2026, elle doit se prolonger jusqu’à l’automne 2027. Une longévité qui ne doit rien au hasard : pour l’interprète de Ma préférence, la scène est bien plus qu’un métier. C’est une manière de vivre.
Le mercredi 11 novembre prochain, l’artiste fera notamment étape à Auxerrexpo, dans l’Yonne, une région où il a vécu dans les années 1970. Un retour qui lui fait particulièrement plaisir, comme il l’a confié à Ici, anciennement France Bleu. Avec Une vie, Julien Clerc propose un spectacle un peu différent de ses précédentes tournées, dans lequel il se livre davantage au public. "Je pense que les gens aiment ce spectacle, peut-être parce que je parle plus que d'habitude, je me confie plus comme ça s'appelle Une Vie. J'ai écrit des passages parlés qui font vraiment partie du spectacle, entre les chansons et je n'ai mis que des chansons très très connues. Ce sont vraiment les chansons importantes de ma vie", explique-t-il.
A bientôt huit décennies, le chanteur continue d’interpréter ses titres dans leur tonalité d’origine. Un défi qui exige une discipline constante, mais qu’il assume pleinement. Fort d’une carrière jalonnée de nombreux albums, il refuse de considérer l’âge comme une raison de s’arrêter : "Chanter, pour moi, c'est plus une façon de vivre qu'un métier. Je crois que ça se ressent beaucoup dans ce spectacle. Je suis d'une génération de gens qui ont été dressés à la scène, j'ai envie de dire. Je pense que tant que j'aurai l'énergie, l'envie, je continuerai à chanter." Pour préserver sa voix, ce père mais aussi grand-père s’impose une routine bien précise. Il reconnaît que ses chansons peuvent être exigeantes, mais assure que le travail porte ses fruits : "C'est un travail de tous les jours, mais quand on le fait, je ne force jamais, mais c'est parce que j'ai décidé depuis au moins cinq ans de chanter tous les jours. Si vous chantez tous les jours, la machine ne se rouille pas. Je pense que je chante plus facilement aujourd'hui que certaines fois quand j'avais cinquante ans. Je travaille ma voix tous les jours, des fois tout seul ou avec mon prof de chant. On ne se voit que pas écran interposé, mais on se voit souvent."
Cette discipline nourrit aussi son plaisir de continuer à créer. Lorsqu’il s’installe derrière son piano, Julien Clerc se réjouit de pouvoir encore composer des mélodies. Il mesure la chance de pouvoir poursuivre une activité qui le passionne, sans se fixer de date de départ. "Mais les passions, ça se travaille", rappelle-t-il, avant d’ajouter : "Nous, les artistes, nous sommes bénis des dieux. Tant qu'on a ce que (Jean-Loup) Dabadie appelait - la petite flamme bleue - qui brûle au fond de nous, il n'y a pas de raison de s'arrêter." Un état d’esprit qui résume bien la trajectoire de Julien Clerc : continuer à chanter, travailler sa voix et retrouver son public tant que l’envie demeure. Avec sa tournée Une vie, le chanteur poursuit ainsi son histoire sur scène, sans donner le sentiment d’être prêt à écrire le dernier couplet.