Dès les premières heures des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, l’Italie a fait vibrer son public. Le pays hôte, très attendu sur ses terres, a inscrit son nom au tableau des médailles grâce à une performance aussi inattendue que spectaculaire. Sur la glace milanaise, Francesca Lollobrigida, petite-nièce de la célèbre Gina Lollobrigida, a dominé le 3 000 m de patinage de vitesse avec une aisance déconcertante. À 35 ans, âge où beaucoup d’athlètes songent à lever le pied, Francesca Lollobrigida a livré la course parfaite.
Au lendemain d’une cérémonie d’ouverture qui a donné le ton avec sa mise en scène grandiose portée notamment par Mariah Carey et Laura Pausini, Francesca Lollobrigida a offert un spectacle que beaucoup attendaient. Car une chose est sûre, c’est bien sur la piste que l’histoire s’est écrite. En 3'54''28, cette maman de 35 ans a non seulement décroché l’or, mais aussi établi un nouveau record olympique. Une consécration personnelle et un moment fort pour le sport italien, qui n’avait plus connu de titre olympique en patinage de vitesse depuis Turin en 2006.
Avant ce sacre, la patineuse n’en était pourtant pas à son premier coup d’éclat. Quatre ans plus tôt, elle avait déjà goûté au podium avec une médaille d’argent sur la même distance. Cette fois, elle a franchi le fameux cap de l’or après de longues années d’entraînement intensif. Pour beaucoup, le patronyme Lollobrigida n’est pas étranger et pour cause ! Francesca n’est autre que l’arrière-petite-nièce de Gina Lollobrigida, immense figure du cinéma italien des années 1950 et 1960.
Et pourtant, même si la filiation de la patineuse est prestigieuse, elle n’hésite pas à l’évoquer avec simplicité. En effet, elle n’a jamais connu la diva, disparue à Rome en 2023. "Suis-je de la famille de Gina ? De loin. Mon grand-père paternel était apparenté à la célèbre Lollobrigida, star de cinéma des années 50 et 60. Ai-je un surnom ? “Lollo”, tout comme la grande diva Gina" rapporte-t-elle sur le site des JO de Milan.
Mais pour la première gagnante italienne, c’est loin des plateaux de tournage que sa carrière s’est bâtie. Dès l’enfance, Francesca chausse des patins… à roulettes. À seulement 14 mois, elle suit les traces de son père Maurizio, recordman du monde du 50 km en roller, devenu son premier entraîneur. De cette discipline exigeante, elle tire une base physique exceptionnelle et un mental à toute épreuve, remportant pas moins de quinze titres mondiaux entre 2012 et 2019. Le virage vers le patinage de vitesse sur glace intervient à 17 ans, un choix audacieux, mais payant.
Progressivement, Francesca s’impose sur le circuit international, accumulant les podiums européens et mondiaux, jusqu’à devenir l’une des figures incontournables de la discipline. Mariée au patineur Matteo Angeletti, elle conjugue vie familiale et carrière de haut niveau, tout en assumant pleinement son rôle de mère. Son sacre milanais n’efface pas les épreuves récentes. Une infection virale a failli briser sa préparation et l’amener à envisager la retraite. Fragilisée physiquement, touchée moralement, elle a pourtant trouvé la force de revenir, portée par une motivation simple : l’amour de son sport. "Je n’étais vraiment pas bien. Être ici était déjà une victoire. J’ai beaucoup pleuré, je voulais juste m’amuser et, au final, ça va rester comme la meilleure saison de ma carrière" s’est-elle confié en zone mixte de la compétition.
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