En mars 2021, l'une des familles les plus puissantes du capitalisme européen faisait une entrée remarquée dans le luxe français. Via sa holding Exor, la famille Agnelli investissait 541 millions d'euros dans Christian Louboutin afin d'acquérir 24 % du capital de la maison aux célèbres semelles rouges.
Selon l'AFP, l'opération devait permettre à Exor, déjà propriétaire de participations dans Ferrari, Stellantis, la Juventus de Turin ou encore The Economist Group, de prendre deux sièges sur sept au conseil de surveillance de la marque française.
À l'époque, les deux partenaires mettaient en avant un objectif clair : accélérer le développement international de Christian Louboutin, notamment en Chine, tout en poursuivant la montée en puissance de ses activités dans l'e-commerce. La marque disposait alors d'environ 150 boutiques réparties dans une trentaine de pays.
"Au fil des années, j'ai admiré le talent de Christian qui a su créer l'une des grandes marques de luxe mondiales indépendantes", déclarait alors John Elkann, président et directeur général d'Exor. "Aujourd'hui, nous sommes très heureux de le rejoindre (...) pour travailler ensemble à l'accélération du développement de cette entreprise ambitieuse."
Christian Louboutin saluait de son côté la "forte culture entrepreneuriale" d'Exor, une "compagnie très axée sur le long terme" avec laquelle la maison partageait selon lui les mêmes valeurs.
"Il était important pour moi, et pour les membres de notre société, que pour écrire une nouvelle page de l'histoire de la Maison, le partenaire auquel nous nous associerions ait le respect de ces valeurs, soit ouvert d’esprit et ait un dynamisme jeune et ambitieux", ajoutait-il.
Fondée à Paris en 1991, la maison Christian Louboutin s'est imposée comme l'un des symboles du luxe français indépendant. Ses emblématiques semelles rouges ont au fil des années séduit certaines des personnalités les plus célèbres de la planète, de Mariah Carey à Taylor Swift, en passant par Kim Kardashian, Heidi Klum ou encore Carla Bruni. Trente ans après sa création, l'arrivée des Agnelli marquait une étape stratégique : celle du rapprochement entre une grande dynastie industrielle italienne et une marque française mondialement connue.
Cinq ans plus tard, l'environnement du luxe a nettement changé. Comme l'a récemment révélé Glitz, la maison Christian Louboutin n'échappe pas au ralentissement qui touche l'ensemble du secteur. Selon les informations du média, les résultats nets du groupe seraient passés sous la barre des 60 millions d'euros sur les douze derniers mois, contre environ 70 millions d'euros un an plus tôt.
Glitz indique également que Christian Louboutin, dont l'appartement de 300m2 a récemment fait parler, qui conserve 76 % du capital tandis qu'Exor détient les 24 % restants, ne se serait versé qu'un dividende de 1,5 million d'euros cette année, contre 37 millions d'euros l'année précédente.
Pour autant, la marque poursuit son développement international. Toujours selon Glitz, elle travaille au renforcement de son offre masculine et continue d'investir dans certaines zones stratégiques, notamment au Moyen-Orient. Un contexte qui illustre la logique de long terme défendue par Exor lors de son arrivée au capital en 2021.