"Ma tâche n’est pas simple tous les jours, mais je fais en sorte qu’elle ne soit pas oubliée par la jeunesse". La petite-fille de Juliette Gréco a été investie d'une mission importante, qui ne lui était pas destinée au départ, comme elle l'a confié à Gala. Puisque sa mère est morte avant la chanteuse mythique (qui s'est éteinte en 2020), c'est elle qui perpétue son héritage. Elle prépare notamment le 100e anniversaire de sa mamie, qui aura lieu le 7 février 2027.
"La préparation des hommages demande beaucoup de travail, j’y consacre tout mon temps, mais j’ai bon espoir qu’elle soit honorée à sa juste valeur, assure Julie-Amour Rossini à nos confrères. Chaque personne que j’ai contactée a envie de lui rendre hommage. Je trouve ça merveilleux." Très proche de Juliette Gréco, sa petite-fille se souvient d'une "confidente" avec laquelle elle avait "une relation complice et douce".
Pourtant, la vie n'a pas épargné Juliette Gréco dans ses dernières années. Après la mort de sa fille unique, Laurence-Marie, en 2016, la chanteuse a perdu Gérard Jouannest, son compagnon. Elle a aussi été victime d'un AVC, qui a été le point de départ d'une période "très compliquée". Notamment sur le plan financier, comme le raconte sa petite-fille à nos confrères de Gala.
La muse de Saint-Germain-des-Prés a eu beau faire des tubes et multiplier les succès, "sa retraite était très petite". Femme "très indépendante", Juliette Gréco "gagnait à peu près sa vie quand elle était sur scène". Mais en dehors des tournées, c'était tout autre chose… "Quand on est interprète, on gagne moins bien sa vie que quand on est auteur-compositeur et interprète", regrette aujourd'hui sa petite-fille. Après son AVC, elles ont "dû trouver des solutions".
La "fin de vie" de l'interprète de Sous le ciel de Paris a été "complexe". "Très triste" après la mort de sa fille unique, elle a pu compter sur la présence et le soutien de Julie-Amour Rossini. Ensemble, elles se sont "battues" et ont "réussi". Dans ses derniers mois, alors qu'elle se trouvait dans sa maison de Ramatuelle, elles ont vécu des "moments doux et précieux", malgré la fatigue induite par ses problèmes de santé.
"Elle passait ses journées avec un casque sur la tête à écouter la radio et à chanter. J’avais parfois l’impression qu’elle faisait le rembobinage de sa vie, se souvient, émue, sa petite-fille. C’est assez beau à voir. Pour autant, elle n’était pas nostalgique." Depuis le 23 septembre 2020, Julie-Amour apprend à vivre sans sa mamie chérie, mais avec son souvenir intense et l'envie que son nom ne soit jamais oublié.
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