À 75 ans, Alain Chamfort regarde sa carrière avec lucidité. Dans un long entretien accordé au Figaro, le chanteur revient sur son parcours, mais surtout sur une préoccupation très personnelle : ce qu’il laissera à ses enfants, Clémentine, née en 1977, Gary et Lucas, jumeaux nés en 1980, Tess, née en 1997, et Lucien, né en 2009. Comme il l'a indiqué, il a d'ors et déjà revendu son catalogue à une maison de disques, la maison BMG, afin que la succession soit plus facile.
Jusqu’alors, l’interprète de Paradis était resté propriétaire de ses chansons. Mais il confie avoir désormais tout organisé dans le but de laisser un héritage clair et protégé pour ses enfants. "J'avais peur que la gestion de ces affaires créée des conflits entre eux. J'ai vu les pauvres fils de Claude François se faire embobiner par des tas de mecs. C'était pour moi le moment de redistribuer à mes enfants le fruit de cette vente", a-t-il expliqué.
Après avoir passé plus de vingt ans au sein d’une major du disque, Sony, il reconnaît s’être longtemps reposé sur le fonctionnement d’une multinationale. "Chez Sony, j’avais été quasiment au placard pendant des années", confie-t-il, ajoutant qu’il a ensuite dû s’adapter seul, en se convertissant à l’autoproduction. Une transition qu’il n’a pas immédiatement accompagnée d’un travail rigoureux sur l’exploitation de son catalogue, notamment à l’international et sur le numérique. Le chanteur admet avoir pris "beaucoup de retard" sur ces enjeux, tout simplement parce qu’il ne s’en occupait pas directement et n’avait pas mesuré l’importance stratégique que cela représentait. "C’est un autre travail", reconnaît-il aujourd’hui. Après avoir fait son come-back à 75 ans après un cancer des os, il a vécu cette prise de conscience décisive.
Celui qui a refait sa vie loin de l'agitation bénéficie lui-même d’un héritage impressionnant. De Jacques Dutronc à Serge Gainsbourg en passant par Claude François, il a travaillé avec les plus grands. Cela impliquait de composer, parfois, avec des (gros) égos. Mais aussi de donner un tournant majeur à sa carrière. Claude François lui a notamment permis de se révéler au grand public. C’est en effet ce dernier qui le repère au début des années 1970, le signe sur son label Flèche et lui conseille de prendre le nom de scène Chamfort.
Sous son aile, Alain Chamfort sort ses premiers disques à succès comme Dans les ruisseaux (1972) et L’Amour en France (1973). Ce dernier était écrit par Claude François lui-même et est devenu tube de l’été 1973. Leur bonne entente volera ensuite en éclats lorsque l'interprète de Manuvera cherchera à produire ses propres concerts de manière indépendante. Néanmoins, le bel héritage est resté.
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