Pour Marion Rousse, le cyclisme n’est pas seulement un métier. C’est un univers dans lequel elle a grandi, construit sa carrière et dans lequel évolue désormais naturellement son fils Nino. Directrice du Tour de France Femmes avec Zwift depuis 2022 et consultante pour France Télévisions, l’ancienne championne de France passe une partie importante de l’année sur les routes. Une vie professionnelle intense qu’elle doit concilier avec son rôle de mère.
Et pour cause, la jeune maman doit trouver un rythme de vie forcément particulier lorsque les déplacements s’enchaînent. Marion Rousse ne cherche d’ailleurs pas à présenter son quotidien comme parfaitement simple. “C’est toujours un équilibre délicat à trouver”, reconnaît-elle dans les colonnes de Paris Match lorsqu’elle évoque son organisation familiale. Une chose reste cependant non négociable, son fils occupe une place centrale dans sa vie. “Évidemment que mon fils compte plus que tout. Je suis très proche de lui”, confie-t-elle. Et pourtant, son métier implique des absences parfois longues. Contrairement à une activité professionnelle plus classique, une course cycliste peut l’éloigner de son domicile pendant plusieurs jours consécutifs.
Pour parvenir à maintenir cet équilibre, Marion Rousse peut notamment compter sur ses parents, très présents auprès de Nino lorsqu’elle travaille. Une aide qu’elle considère comme essentielle et qui lui permet de partir plus sereinement. “Je sais qu’il est entre de bonnes mains quand je ne suis pas là”, explique-t-elle. L’ancienne cycliste apprécie également que ses parents transmettent à son fils une éducation proche de celle qu’elle a elle-même reçue. Cette continuité lui permet de vivre plus facilement ses périodes d’absence. Car son quotidien fonctionne finalement autrement, elle peut ne pas voir Nino pendant quelques jours, puis passer ensuite une semaine entière avec lui. Et lorsque les circonstances le permettent, Marion Rousse choisit une autre solution.
Quand elle le peut, la jeune maman choisit d’emmener son fils directement avec elle. Nino découvre ainsi depuis son plus jeune âge les coulisses des compétitions cyclistes. Il a même déjà accompagné sa mère sur un plateau de France Télévisions. Une manière pour elle de partager une partie de son univers avec lui, sans pour autant transformer ces moments en apparitions publiques organisées. Car la présence du petit garçon ne passe plus totalement inaperçue. Et c’est précisément là que les choses deviennent parfois plus délicates pour sa mère. “Le problème de Nino, c’est que maintenant quand il est dans la rue, les gens le reconnaissent”, explique Marion Rousse. Il suffit parfois que le petit garçon apparaisse pour que certaines personnes l’interpellent directement par son prénom. Une situation qui peut paraître étonnante pour un enfant encore trop jeune pour mesurer la notoriété qui entoure ses parents.
À cela s’ajoute le tempérament de Nino. "Il a une bouille, c’est vrai, reconnaissable entre mille. Et surtout, il aime les gens", raconte sa mère en riant. Très sociable, le garçon n’hésite pas à aller naturellement vers les personnes qu’il croise. Une attitude qui peut compliquer la volonté de Marion Rousse de préserver une certaine distance. Notamment lorsque des milliers de spectateurs sont réunis sur le bord des routes. Pour autant, pas question de l’éloigner systématiquement des courses. Marion Rousse tient justement à ce que son fils puisse profiter de cette ambiance si particulière. Le cyclisme reste un sport populaire, accessible au public et autour duquel les familles se réunissent. "Je n’ai pas envie de le cacher", insiste-t-elle sans pour autant tout accepter. Marion Rousse pose une limite très claire lorsqu’il s’agit de l’exposition de son fils.
Si elle accepte qu’il soit présent au milieu du public, elle ne souhaite pas que des inconnus lui demandent de poser avec eux. “Ça reste un enfant donc je ne veux pas que les gens fassent des photos avec lui”, précise-t-elle auprès de nos confrères. Une protection qu’elle tente donc de concilier avec son désir de normalité. Pour Nino, le métier de ses parents reste d’ailleurs encore quelque chose de très abstrait. Le petit garçon a longtemps résumé le travail de son père, le coureur Julian Alaphilippe, d’une manière particulièrement simple : “Il va s’entraîner.” Même chose lorsqu’il voit sa mère à la télévision, il ne semble pas encore mesurer ce que cela représente. Alors, plutôt que de soustraire complètement Nino à cet univers, elle préfère lui apprendre progressivement à y évoluer : "Je ne l’empêcherai jamais de venir sur une course de vélo, puis moi ça me fait du bien quand il est là."