Sur les plateaux de tournage, André Dussollier conserve la même énergie qu’à ses débuts. Pourtant, dès que le clap de fin retentit, l’acteur met le cap loin de Paris. Direction la Haute-Savoie, et plus précisément les environs du lac d’Annecy, lac souvent classé parmi les plus purs d’Europe. Mais pas que ! Annecy s'est placé à la 4ᵉ place des villes les plus chères de France. C’est là que se trouve la maison construite par ses parents, celle où il a grandi et qu’il a choisi de conserver. Dans le magazine Nous deux, le comédien explique avoir repris cette demeure familiale, véritable point d’ancrage dans sa vie.
"J’ai, de mon côté, repris la maison que mes parents ont fait construire à Annecy, là où j’ai grandi. Là-bas, j’arrive enfin à ralentir le rythme, contrairement à Paris, où je suis perpétuellement en mouvement. Même à 80 ans !", confie-t-il avec malice. Si la capitale lui impose son tempo, la campagne semble lui offrir une pause bien méritée. Cette maison n’est pas une résidence ostentatoire, elle est avant tout un refuge intime. Chargée de souvenirs, elle incarne la continuité familiale. Ses enfants, Léo et Giulia, y sont d’ailleurs particulièrement attachés comme il l’avait révélé dans une interview précédente avec le Dauphiné Libéré.
Loin des projecteurs, il y retrouve un rapport plus simple au temps. Les promenades au bord du lac, la lumière des montagnes, le contact avec les habitants qu’il connaît depuis toujours... Cette enfance savoyarde a façonné sa vision de la vie. Il l’a d’ailleurs confié par le passé que lorsqu’il cherche un appartement à Paris, il a besoin de voir le ciel, faute de quoi il se sent oppressé. “J’ai besoin de cette perspective montagnarde, même en ville” avait-il affirmé.
Si Paris reste son terrain professionnel. Il y travaille, y enchaîne les projets, y vit au rythme des répétitions et des tournages. Mais la capitale ne constitue pas son unique horizon. S’il a investi dans la pierre, ce n’est pas pour afficher un statut, mais plus par pragmatisme. Il l’a expliqué sans détour : "M’entourer d’objets onéreux pour se mettre en valeur ne me ressemble pas. J’ai simplement investi dans un appartement au lieu de jeter tous les mois de l’argent par les fenêtres dans une location".
Dans la capitale, tout va vite. Les rendez-vous s’enchaînent, les sollicitations sont permanentes. À Annecy, au contraire, il retrouve une forme d’authenticité. Il a souvent évoqué ce lien presque viscéral avec sa région natale. Revenir à Annecy, c’est renouer avec une certaine liberté, loin du “paraître”. Dans cette maison familiale, il n’est plus l’acteur aux trois César, mais le fils, le père, l’homme attaché à ses souvenirs.
Cette capacité à alterner entre deux univers explique sans doute sa longévité. À 80 ans, il continue de tourner, de monter sur scène, d’incarner des personnages complexes. On l’a d’ailleurs retrouvé le 25 février dernier dans la comédie Chers Parents au côté de Miou-Miou. La maison d’Annecy représente bien plus qu’une propriété. Elle est un repère, un socle. Une manière, peut-être, de rester en mouvement sans jamais se perdre.