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Mort du réalisateur Alain Resnais : Disparition d'un génie infatigable du cinéma

"C'était un homme cinéma, de son enfance, jusqu'à son dernier jour", a dit Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, à France Info. Alain Resnais est mort à 91 ans samedi 1er mars 2014. Une vie entière consacrée au cinéma et des oeuvres audacieuses, parfois expérimentales, intelligentes et si riches qui marque le cinéma, français mais aussi international. Le festival du film de Berlin venait de lui rendre hommage en lui remettant le prix Alfred Bauer et il devait présenter son dernier long métrage, Aimer, boire et chanter, le 26 mars en salles. Malgré sa longue carrière, Alain Resnais n'a cessé de se réinventer jusqu'à son dernier souffle en observant avec humilité et en gardant toute sa modestie, les autres.

Passionné depuis l'enfance par le cinéma

Son producteur Jean-Louis Livi a annoncé la nouvelle à l'AFP. "Sa mort est intervenue hier soir, entouré de sa famille et de ses proches à Paris." Revenir sur le parcours de ce cinéaste, c'est explorer des décennies de créations. Originaire de Vannes, ce Breton est éduqué chez les Jésuites. Tout petit déjà, le cinéma le passionne, il organise même des séances ses copains. A 13 ans, il a sa première caméra. Le sort est jeté. Sans baccalauréat, il intègre l'Idhec (L'Institut des hautes études cinématographiques), l'année de sa création en 1943. Durant l'occupation, il se nourrit de cinéma et de photographie et après la Seconde Guerre mondiale, il se crée son univers de relation artistiques.

Histoire et mémoire

Alain Resnais se lie à une autre figure qui deviendra marquante, feu Chris Marker, et il réalise à cette époque des portraits d'artistes et des réflexions sur l'art. Maîtrisant l'art du montage, il montre un grand talent, mais ne se limite pas à cette fonction et devient réalisateur. En 1950 il obtient l'Oscar du meilleur court métrage en deux bobines pour Van Gogh, mais c'est son documentaire en 1955 Nuit et brouillard, sur la déportation et des camps d'extermination nazis, lui vaut la reconnaissance dans le monde entier de son savoir-faire. En 1959, il dévoile son premier long métrage avec un scénario de Marguerite Duras : Hiroshima mon amour, avec Eiji Okada et Emmanuelle Riva. Des travaux de mémoire qui résonnent toujours aussi fort aujourd'hui.

L'imaginaire expérimental

En 1961, Alain Resnais tourne L'Année dernière à Marienbad avec Delphine Seyrig, qui remporte le Lion d'or de la Mostra de Venise. Il y travaille avec Florence Malraux, fille d'André qui sera son assistante et sa femme. L'Histoire se mêle toujours à ses oeuvres, comme dans Muriel ou le temps d'un retour (1963) sur fond de guerre d'Algérie. Les années suivantes, il se montrera toujours plus expérimental, avec des oeuvres comme le méconnu mais superbe Je t'aime je t'aime (1968), Providence (1975) qui lui vaut les César de meilleurs film et réalisateur, et Mon oncle d'Amérique (1980).

La vie est un roman (1982) marque la naissance de son couple avec Sabine Azéma, un film multiple et ludique qui se compose de trois récits indissociables entre eux. Le théâtre, la comédie musicale et la bande-dessinée seront aussi au coeur de ses films Melo, réflexion sur le hasard et le libre-arbitre, qu'il continue d'explorer dans Smoking/No Smoking, Césarisé également. I Want to Go Home sorti en 1989, dans lequel aucun de ses acteurs fétiches n'apparaît (Azéma, Dussollier, Arditi), sera boudé par le public, l'univers le bande-dessinée qui nourrit son film n'arrivera pas à conquérir les salles.

La belle famille Resnais

La gloire sera de nouveau au rendez-vous avec Smoking/No Smoking adapté de la pièce Intimate Exchanges du dramaturge britannique Alan Ayckbourn et ensuite avec On connaît la chanson. Dans ce film de 1997, il collabore brillamment avec les scénaristes et acteurs Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui - qu'il avait tendrement surnommé les "Jabac" - pour livrer un film choral réjouissant, en forme de comédie musicale comme jamais on en a vu puisque les comédiens clament certaines répliques en reprenant des tubes de la chanson françaises. La culture populaire a toujours plu à Alain Resnais qui la distille dans ses longs métrages.

Sabine Azéma, sa muse qu'il épouse en 1998, joue dans ses cinq derniers longs métrages, comme nombre d'acteurs qui font partie de la "famille" Resnais : Pas sur la bouche, Coeurs, Les Herbes folles - pour lequel il a reçu un prix exceptionnel au Festival de Cannes en 2009 -, Vous n'avez encore rien vu et l'ultime long métrage, Aimer, boire et chanter. Ce dernier, étrange oeuvre en forme de pièce de théâtre entrecoupée de pages dessinées, se compose de trois couples qui évoluent autour d'un homme, ami ou amant des autres. Ses cheveux blancs et ses lunettes noires sur le nez, Alain Resnais semblait éternel et surtout infatigable. "Il était en train de préparer, avec moi, un autre film dont il avait écrit le premier scénario", a indiqué le producteur Jean-Louis Livi qui avait produit ses trois derniers films.

"[Je veux transmettre au public] surtout des émotions. Dire aux gens : 'N'ayez pas envie de quitter la salle.' Les arts permettent de communiquer. Si vous avez vu les mêmes films, les mêmes expositions, les mêmes pièces, une attirance, un dialogue s'établit", disait Alain Resnais au Journal du Dimanche en 2012.

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