L’émotion a été particulièrement forte aux Folies Bergère ce lundi 4 mai 2026 à l’occasion des Molières 2026 lorsque Muriel Robin est montée sur scène. À 70 ans, la comédienne et humoriste a reçu un Molière d’honneur lors de cette 37e cérémonie, diffusée sur France 2. Un moment fort, chargé de symboles pour celle qui a marqué des générations entières par son humour et son authenticité. Mais au-delà de la récompense, c’est surtout son discours qui a bouleversé la soirée.
Avant même de prendre la parole, Muriel Robin avait déjà été profondément touchée par l’hommage que lui a rendu Vincent Dedienne, chargé de lui remettre le prix. S’ils sont amis depuis de longues années, il n’a pas caché son admiration, mais aussi l’impact immense qu’elle a eu sur son parcours. Une déclaration qui a visiblement atteint la principale intéressée, déjà submergée par l’émotion au moment de rejoindre le micro. "Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas éclater en sanglots", a-t-elle d’ailleurs reconnu d’entrée de jeu, la voix tremblante. Face au public, elle a tenté de reprendre contenance, expliquant combien cette reconnaissance représentait pour elle l’aboutissement d’un rêve d’enfant. "Je suis très secouée, j’en ai rêvé de ce moment (…) je voulais qu’on me reconnaisse, qu’on reconnaisse ma différence, qui j’étais… tout vient à point."
Très vite, son discours a pris une dimension plus intime. Muriel Robin a tenu à remercier les figures qui ont marqué son parcours, évoquant notamment Guy Bedos, dont la disparition en 2020 l’a profondément affectée. Mais c’est surtout lorsqu’elle s’est tournée vers son épouse Anne Le Nen que l’émotion a été la plus forte. "Et enfin mon épouse, qui m’a permis de grandir, et d’être une meilleure personne. On n’est jamais que l’actrice de la femme qu’on aime et peut-être que je suis devenue, au fil du temps, grâce à toi, une meilleure actrice, va savoir. Je t’aime plus que tout, merci." Dans la salle, Anne Le Nen, visiblement bouleversée, n’a pas pu retenir ses larmes.
Mais Muriel Robin ne s’est pas contentée de remercier ses proches. Fidèle à ses convictions, elle a profité de cette tribune pour mettre en avant un sujet de société qui lui tient à cœur. La comédienne a ainsi dénoncé une proposition de loi portée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, concernant le plaider-coupable criminel. Avec gravité, elle a alerté sur les dérives possibles d’une telle mesure : "Elle permettrait à un violeur de négocier sa peine dans le bureau d’un juge, sans procès, en échange d’un aveu. Mais un viol ça ne se négocie pas, ça se juge." Des mots forts qui ont tout de suite trouvé un écho dans la salle.
Muriel Robin a poursuivi en rappelant l’importance du procès pour les victimes comme pour la société : "Les victimes n’ont pas besoin d’une justice plus rapide, mais d’une justice à la hauteur." Un appel direct au ministre, concluant son intervention sur une note engagée : "Je vous demande donc monsieur le Ministre, s’il vous plaît, d’être à la hauteur de ce fléau." Entre émotion personnelle et engagement, Muriel Robin a livré un moment rare, à la fois fragile et puissant, qui a été accueilli par une standing ovation.
Enfin, cette 37e cérémonie des Molières a récompensé de nombreux talents. Le Molière du Théâtre privé est revenu à Le procès d’une vie, tandis que I will survive s’est imposé dans le Théâtre public. Fin, Fin et Fin a été sacré meilleure comédie, et La Cage aux folles meilleur spectacle musical. Alex Lutz a remporté le Molière de l’humour, Laurent Lafitte et Josiane Balasko ont été distingués pour leurs performances, tout comme Elsa Lepoivre et Jérôme Kircher. Côté révélations, Marina Pangos et Lancelot Cherer ont été primés. Enfin, Muriel Robin a reçu le Molière d’honneur, couronnant une carrière exceptionnelle et une soirée riche en émotions.
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