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Nicolas Hulot accusé dans Envoyé Spécial : "Je n'ai pas de preuve, je ne m'attaque pas à n'importe qui"

Par Samya Yakoubaly Rédactrice
Cinéphile, elle adore regarder des bande-annonces et des moments historiques à la télévision. Le prochain James Bond ou le discours d’investiture de Barack Obama lui donnent les mêmes frissons.
18 photos
Les faits, décrits dans "Envoyé spécial" ce 25 novembre 2021 et qui accusent Nicolas Hulot, sont tous prescrits. Les femmes qui ont décidé de parler devant la caméra ont donc attendu entre trente et vingt ans pour s'exprimer. Pourquoi ? Le reportage de France 2 donne des éléments de réponse.

C'est une question qui revient régulièrement : quand une femme accuse un homme de violences sexuelles, on s'interroge sur le fait qu'elle ait mis plusieurs années, des dizaines, à s'exprimer. C'est de nouveau le cas pour le nouveau reportage d'Envoyé spécial de France 2 sur Nicolas Hulot, diffusé ce 25 novembre 2021. L'ancienneté des faits, désormais prescrits, met la lumière sur la décision que ces femmes ont prise de libérer leur parole, tant d'années après ce qu'elles décrivent comme des agressions. Les trois plaignantes qui apparaissent dans l'enquête du magazine d'Elise Lucet sont unanimes : il faut du temps pour oser parler et s'attaquer à la puissante et influente icône qu'était l'ancien ministre et présentateur. De plus, savoir que l'on n'est pas la seule donne également la force de se lancer dans une bataille difficile.

Il y a d'abord Sylvia, qui veut mettre fin à plus de trente ans de silence car le secret est trop lourd à porter. Elle n'a pas parlé avant car elle avait 16 ans à l'époque et lui 34, c'était une star de la télévision, celle d'Ushuaïa que les téléspectateurs regardaient tous les samedis. Nous sommes en 1989 et il lui aurait demandé un fellation dans un parking aérien, alors qu'il la ramenait en voiture après une émission de radio sur France Inter. Sylvia sait que les faits sont prescrits et invérifiables : "Je n'ai pas de preuve. Je ne m'attaque pas à n'importe qui." Quand elle ose en parler à sa mère, celle-ci se demande aussi, pourquoi maintenant ? Elle mesure ensuite le courage qu'il a fallu à sa fille pour oser révéler ce récit et elle comprend, pour l'avoir vécu à travers sa fille, pourquoi les victimes tardent à parler. Lorsqu'elle apprend que Pascal Mitterrand a porté plainte en 2008, elle est bouleversée. Puis l'enquête de l'Ebdo est publiée en 2018, elle décide alors de parler, mais pas seule.

Cécile avait enfoui son souvenir mais les révélations de l'Ebdo ont fait ressortir sa souffrance, tel un syndrome post-traumatique. "C'était une histoire avec un homme adulé. Moi, j'avais fait mon chemin", dit-elle dans Envoyé spécial. Elle aurait subi une agression en 1998, alors qu'elle a 23 ans et est contractuelle à l'ambassade de France à Moscou. Elle débloque un situation compliquée pour le matériel de l'équipe de l'émission de Nicolas Hulot, à la douane et pour la remercier, elle est invitée dans l'hôtel du staff d'Ushuaïa. Après un verre dans une boîte très chic de la capitale russe, elle veut rentrer et il la suit : "Dans la voiture il devient entreprenant. Si tu veux je peux t'aider à avoir un boulot à TF1. Il pose la main sur sa cuisse et répète sa phrase. Il insiste. Je l'ai repoussé, je l'ai frappé au visage. J'ai clairement exprimé que je ne voulais pas avoir de relations sexuelles." Quand on lui demande pourquoi ne pas avoir porté plainte, elle rit nerveusement : "A Moscou, contre un ami du président Chirac ?"

Même la petite-fille de président qu'est Pascale Mitterrand a hésité durant dix ans avant de porter plainte pour viol en 2008. Elle ne voulait pas être citée nommément dans l'enquête de l'Ebdo pour se protéger de la tempête médiatique. Elle désirait avant tout que l'homme soit mis face à sa conscience car elle l'accuse de l'avoir agressée sexuellement en Corse où elle s'était rendue en tant que photographe stagiaire à 19 ans, lui en avait 42. Nicolas Hulot a déclaré sur le plateau de BFMTV où il a anticipé la diffusion d'Envoyé spécial, que cette relation était consentie. Elle n'a pas souhaité témoigner dans cette émission, souhaitant toujours se préserver du tourbillon médiatique.

Claire Nouvian, activiste écologiste, ne se dit pas agressée sexuellement par Nicolas Hulot. Elle témoigne cependant car elle a été avertie par l'entourage politique de l'ex-ministre de ne jamais se retrouver seule avec lui. Plus tard, il va tenter de l'embrasser, alors que, selon elle, aucun signe ne laissait penser à un moment de séduction. Elle s'interroge alors : "ll y a clairement un dysfonctionnement dans ses rapports aux femmes. Tout le monde est au courant de ça, du fait qu'il y a beaucoup de consommation (...) beaucoup de jeunes filles qui passent à la casserole. Tant que ce sont des adultes consentants, il n'y a rien à dire là-dessus (...) des adultes consentants, il n'y a rien à dire, et s'il n'y avait pas des problèmes plus graves, on ne serait pas là en train de parler de ça." C'est donc la question du consentement qui semble être au coeur de l'affaire Hulot.

Difficile de ne pas faire le parallèle entre l'affaire Hulot et celle de PPDA. Les deux hommes sont des stars de la télévision qui semblaient aussi populaires qu'intouchables, un statut qui a rendu encore plus difficile pour ces femmes de parler. Le hashtag Metoo a bouleversé les choses et la parole se libère, l'animatrice Maureen Dor qui s'était tue également, a pris la parole contre Nicolas Hulot depuis l'enquête d'Envoyé spécial ce 25 novembre. Les faits étant prescrits, Nicolas Hulot est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. Contacté le 9 novembre 2021 par Elise Lucet et Virginie Vilar pour Envoyé Spécial, il a déclaré : "On est de toute façon piégé, quoi que l'on dise, la parole est suspecte. Quoi qu'on dise. Voilà. On ne peut pas se défendre. On ne peut pas se défendre... Parce que dans ce combat légitime, nécessaire des femmes, la parole des femmes est sacrée."

Nicolas Hulot reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

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