Grandir au sein d’une dynastie financière sans vraiment en mesurer l'ampleur, c'est l'expérience singulière vécue par Margaux Mulliez. Petite-fille de Gérard Mulliez, le mythique fondateur du groupe Auchan et figure de proue de la grande distribution en France, la jeune femme s'est livrée dans le podcast À contre-jour. Un témoignage étonnant où elle aborde le décalage vertigineux entre son quotidien d'enfant plutôt frugal et la réalité des chiffres qui entourent son illustre famille. Une histoire intime qu'elle retrace également dans son ouvrage intitulé Gérard Mulliez : L'épopée du fondateur d'Auchan.
Au quotidien, la culture familiale mettait plutôt l'accent sur la simplicité et la lutte contre le gaspillage que sur le strass et les paillettes. "Je savais depuis toujours que mon grand-père était celui qui avait fondé les magasins dans lesquels j'allais faire mes courses avec ma maman", explique-t-elle. Pour la petite fille qu'elle était, Gérard Mulliez n'était qu'un grand-père aimant et pas le patron Tout-Puissant d'un empire commercial. "Mes parents ne m'ont jamais caché qui était Gérard Mulliez, je le voyais avec mes yeux de petite-fille."
À la maison, la frugalité était de mise, bien loin des clichés associés aux ultra-riches. Margaux se rappelle un mode de vie ancré dans des habitudes presque banales : "On mange les restes, il y a des produits qui sont à la limite de la péremption dans le frigo."
Ce n'est que bien plus tard, au moment d'entamer ses études supérieures, que la jeune femme prend de plein fouet la réalité financière du clan. En tombant sur des articles de presse et des données économiques, la prise de conscience est brutale. Selon le classement du magazine Challenges, la fortune personnelle de Gérard Mulliez est en effet évaluée à 1,1 milliard d'euros (sans compter le patrimoine global de l'Association Familiale Mulliez, qui pèse plusieurs dizaines de milliards).
"C'est vraiment là que j'ai découvert les chiffres. Et c'est les chiffres qui m'ont choquée en fait. De voir un patrimoine de milliards d'euros, voir des photos de mon grand-père en costume, patron, capitaliste etc. Ouais, ça m'a choqué", confie-t-elle en toute franchise.
Le contraste entre la soupe du soir mitonnée avec les restes du frigo et les bilans comptables à neuf chiffres de l'empire familial crée alors un véritable choc culturel interne. "Je passe de 'on mange les restes' à 'mon grand-père en fait est milliardaire ! Il a un empire énorme en dessous de lui'", conclut-elle. Un grand écart étourdissant qu'elle aborde désormais avec un recul lucide.