Il y a trois ans, la vie parisienne de Pierre de Maere rimait encore avec colocation. Le chanteur belge partageait alors son quotidien avec des proches évoluant eux aussi dans le milieu musical. Mais le succès éclatant de son premier album et le raz-de-marée de son titre Un jour je marierai un ange ont fait bouger les lignes. Sans pour autant quitter ses repères, l’artiste a simplement fait quelques pas pour franchir une nouvelle étape : il est désormais propriétaire de son propre appartement, situé à seulement 300 mètres de son ancienne adresse. C’est donc toujours dans ce même quartier du nord-est de Paris que Pierre de Maere a choisi de poser ses valises. Une manière, finalement, de changer de vie sans véritablement bouleverser ses habitudes.
Désormais seul propriétaire de quelques dizaines de mètres carrés, le chanteur dit se sentir réellement chez lui dans cet appartement situé en hauteur, au calme et sans vis-à-vis. Une nouvelle adresse qui semble lui offrir un équilibre entre la vie parisienne qu’il affectionne et un environnement suffisamment intime pour se retrouver loin de l’agitation liée à sa carrière. C’est donc dans le nord-est de Paris que le compositeur a posé ses valises, perché au cinquième étage. Un intérieur de quelques dizaines de mètres carrés où il confie se sentir réellement chez lui, au calme et sans vis-à-vis. L’endroit reflète une simplicité décontractée : on s’y installe autour de la table en bois d’un petit salon, où l’hôte picore volontiers quelques chips et tranches de saucisson tout en discutant.
Fidèle à une bonne dose d’autodérision, le chanteur a choisi un agencement bien particulier pour ses trophées. Ses disques d’or, pourtant soigneusement encadrés pour marquer son ascension fulgurante, n’ont pas trouvé leur place au milieu du salon mais… sur les murs des toilettes. Une décision qu’il justifie avec malice en décrivant la pièce comme "l’endroit le plus lumineux de l’appartement". Une façon bien à lui de ne pas transformer ses récompenses en monument à sa propre gloire, alors même qu’elles témoignent d’une ascension particulièrement rapide dans la pop francophone.
Cette distance avec les symboles du succès semble d’ailleurs correspondre à l’état d’esprit du chanteur. Pierre de Maere reconnaît avoir été marqué par la réussite de Un jour je marierai un ange, notamment parce qu’elle lui a apporté davantage de confiance et l’a aidé à se débarrasser en partie de son "syndrome de l’imposteur". Mais le chanteur reste conscient du caractère fragile d’une carrière artistique. À l’approche de la sortie de son deuxième album, il expliquait ainsi devoir composer avec certaines craintes liées au succès et à la peur de voir tout s’arrêter aussi vite que cela a commencé. Amateur avoué de belle décoration, de mode, de palaces et d’allures soignées, Pierre de Maere sait aussi mettre de la distance avec les apparats du succès.
Dans son nouvel album Ave de Maere, sorti le 25 septembre 2026, le chanteur s’amuse d’ailleurs à chanter La grande vie avec cette pointe d’ironie qui le caractérise. Ce deuxième opus arrive trois ans et demi après Regarde-moi, son premier album, et se veut plus rétrospectif et intime. Malgré le confort de son nouveau cocon parisien et les opportunités offertes par la notoriété, l’auteur-compositeur veille à ne pas perdre pied face au tumulte extérieur. Cette volonté de rester lui-même se retrouve également dans sa manière d’aborder sa carrière. Pierre de Maere décrit son nouvel album comme une plongée dans plusieurs années de sa vie, avec des morceaux qui explorent différentes facettes de sa personnalité. Un disque qui accompagne donc une nouvelle étape pour l’artiste, désormais plus installé dans sa vie professionnelle comme personnelle.
Une lucidité tranquille qu’il cultive depuis son perchoir parisien, tout en gardant une attache précieuse avec la petite maison familiale située sur le littoral des Côtes-d’Armor. Entre cet ancrage familial et son appartement parisien, Pierre de Maere semble ainsi avoir trouvé un équilibre à son image : suffisamment élégant pour accompagner son goût du beau, mais assez simple pour lui permettre de garder les pieds sur terre. Une façon de profiter de la "grande vie" sans jamais totalement se prendre au sérieux.