À Paris, derrière plusieurs des ouvertures les plus commentées de ces dernières années se dissimule une même signature : Fitz Group. En moins d’une décennie, cette enseigne est devenue le chef d'orchestre de lieux phares de la vie parisienne. Mais loin d'un simple coup d'éclat marketing, le groupe déploie une mécanique d'affaires rigoureuse, pensée comme une véritable plateforme opérationnelle au croisement de l'hospitalité, de la tech et du private equity.
Pour comprendre l'ascension fulgurante de Fitz Group, il faut regarder du côté de sa gouvernance. Comme le détaille le site officiel de Fitz Group, l’entreprise s'appuie sur une alchimie singulière entre trois profils d'entrepreneurs complémentaires. À la barre opérationnelle, Guillaume Benard, président et cofondateur formé à l'exigence de la gestion hôtelière en Suisse, ouvre son premier établissement en 2016 avec l'ambition déclarée de transformer l'expérience culinaire à Paris. Dans un entretien accordé au magazine Technikart, il confie d'ailleurs la genèse de sa vocation : "Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une passion pour la restauration, mais davantage d’une appétence pour les beaux endroits, l’événementiel, l’expérience client et le sens du service."
Pour soutenir ce développement, il s'associe à deux investisseurs chevronnés issus du numérique. Son père d'abord, Jean-Michel Benard, fondateur et président de l’ESN cotée ITS Group et propriétaire des hôtels Marielle et Chamois D'Or à Val Thorens. Son associé ensuite, Nick Heys, pionnier du marketing automation à travers Emailvision et Jabmo, par ailleurs administrateur d'iAdvize. Comme le rappelait Guillaume Benard à Technikart, "mes deux actionnaires historiques (mon père et un de ses amis, entrepreneurs dans la tech et l’informatique) m’ont permis de pouvoir monter mon premier projet".
Ensemble, ils façonnent un portefeuille parisien de cinq établissements aux identités complémentaires. L'aventure a commencé dans le 7e arrondissement avec Le Fitzgerald, une table bistronomique doublée d'un bar secret à l’ambiance feutrée niché à l'arrière.
Le groupe a ensuite décliné son savoir-faire dans le 15e arrondissement avec Abstinence, un bar à vins convivial axé sur une cuisine de partage et une terrasse élégante.
Dans le 8e arrondissement, Le Camondo cultive quant à lui un esprit de maison de famille et propose une cuisine créative au sein d'un patio verdoyant d'exception, mitoyen du musée Nissim de Camondo.
Dans le quartier de la Bourse, Hollywood Savoy s'impose comme une véritable icône festive face au Palais Brongniart, où les dîners animés se prolongent dans un club privé en sous-sol.
Enfin, La Fontaine Gaillon incarne l'institution bourgeoise modernisée, un monument de la gastronomie parisienne rénové par le designer Lazaro Rosa-Violán autour de sa fontaine légendaire.
Là où la restauration festive souffre souvent d’une réputation mitigée dans l’assiette, Fitz Group a structuré son organisation en recrutant un chef exécutif central pour garantir une rigueur culinaire constante sur l'ensemble de ses tables. En parallèle, la rentabilité repose sur deux puissants leviers de croissance. D'une part, l'événementiel B2B, piloté directement depuis le siège : la privatisation des salons pour des marques de luxe, de mode ou des entreprises représente aujourd'hui "quasiment 30 % du chiffre d’affaires", précise Guillaume Benard. D'autre part, un usage millimétré du marketing digital permet de transformer chaque adresse en destination désirable et très relayée sur les réseaux sociaux. Une force de frappe qui a notamment séduit la production de la série Netflix Emily in Paris, choisissant La Fontaine Gaillon pour incarner le chic parisien à l'écran.
Le manifeste affiché sur leur vitrine numérique résume d'ailleurs cette ambition festive : "Nous sommes un mouvement, une ode à la vie, un appel à la célébration (...) Live, Eat, Dance, Love. Repeat !". Fort d'un écosystème rodé, Fitz Group prépare l'ouverture d'un sixième établissement en 2026. L'objectif affiché consiste à atteindre une dizaine d'adresses dans la capitale avant de dupliquer ce modèle en franchise à l'international, avec des visées affirmées vers Londres, Saint-Tropez et le Moyen-Orient.