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Titanic : Les coulisses d'un tournage spectaculaire, à la limite du désastre

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Il y a plus de quinze ans, Hollywood retenait son souffle. Après plusieurs années de travail et un tournage houleux, Titanic (1997) de James Cameron était annoncé comme un événement incontournable et démesuré. Mais avant d'entrer dans le panthéon des films cultes, la triste histoire du paquebot était annoncée par les médias comme un véritable goufre financier.

Retour sur une expérience à part.

Passion dévorante

Au moins autant passionné par les sciences que les arts, James Cameron s'est d'abord intéressé à l'épave du Titanic sans avoir l'idée d'un film. En cherchant un financement à Hollywood, il imagine une histoire à vendre à la Twentieth Century Fox : "Un Roméo et Juliette à bord du Titanic. Aussi, c'est un film d'époque, ça va coûter environ 150 millions de dollars et il n'y aura pas de suite." Probablement pour ne pas froisser le créateur de Terminator, le studio accepte de lancer une expédition pour filmer l'épave, première étape du film qui en utilisera plusieurs images. Coût de l'opération : six millions.

Avec son équipe, James Cameron passe plus de temps "à bord" du paquebot que les vrais passagers et ressort marqué : "Travailler autour de l'épave aussi longtemps, ça donne un sentiment profond de la tristesse et l'injustice de la chose, et son message." Il se lance alors dans l'écriture du scénario : "J'ai lu tout ce que je pouvais. J'ai créé une chronologie très détaillée des quelques jours du paquebot et une autre de sa dernière nuit. J'ai travaillé avec ça sur le scénario, et je l'ai fait analysé par des experts historiques pour l'ajuster."

L'histoire d'amour entre la riche Rose et le pauvre Jack est naturellement venue : "Tous mes films sont des histoires d'amour. Mais dans Titanic, la balance est enfin parfaite. Ce n'est pas un film catastrophe. C'est une histoire d'amour qui se superpose avec la vraie histoire."

Kate Winslet et Leonardo DiCaprio décrochent les rôles principaux devant Gwyneth Paltrow, Matthew McConaughey et Christian Bale.

Entreprise titanesque

Le 31 mai 1996, exactement quatre-vingt cinq ans après le lancement du véritable Titanic, la machine s'emballe. Le studio acquiert seize hectares de terrain en Californie pour accueillir une réplique exacte du paquebot - à l'exception de quelques portions et un côté de la coque.

Avec les véritables plans du Titanic en main, l'équipe technique se lance dans un projet fou, épaulée par le perfectionnisme de James Cameron. Les boiseries, les tapisseries, les assiettes, les cintres et tous les détails sont recréés, tandis que huit cylindres hydauliques permettront au décor de s'incliner pour les scènes finales. Trois bassins sont creusés à coup de dynamite pour le tournage des scènes maritimes, le plus grand étant rempli de 85 millions de litres d'eau.

L'acteur Billy Zane se souvient : "Ils avaient construit une ville entière pour faire un film ! Quand je suis arrivé, il y avait trois grues gigantesques à l'horizon et des milliers d'employés autour. C'était comme l'âge d'or des studios. En prenant le monte-charge pour arriver sur le pont, sentir le poids des balustrades, des portes, c'était comme être sur le Titanic."

Prévu sur 138 jours, le tournage s'étale sur 160. Les rhumes et les malaises des comédiens immergés dans l'eau glacé se multiplient, tandis que quelques autres sont victimes d'accident et de fractures. Alors que les rumeurs se répandent, une enquête est ouverte pour savoir si les mesures de sécurité sont véritablement respectées.

Parallèlement, les factures s'accumulent et sèment la panique chez la Fox, qui ramène la Paramount à bord. Au final, le budget atteint les 200 millions de dollars, un record à l'époque. En coulisses, les tensions entre James Cameron et les investisseurs s'amplifient, notamment pour la question de la durée du film. Lorsqu'on lui propose de couper une heure, il répond : "Vous voulez couper mon film ? Il faudra me virer ! Vous voulez me virer ? Il faudra me tuer !" Pour calmer le jeu, le réalisateur renonce à son salaire de huit millions ainsi que ses droits sur les recettes du film.

Metteur en scène tyrannique

Le tournage commence par la scène où Kate Winslet se déshabille pour être dessinée par Leonardo DiCaprio. Un choix imposé par les retards du chantier, qui accélère le tournage des scènes plus intimes. Réputé difficile, James Cameron confirme son statut d'homme "le plus effrayant d'Hollywood" au fil des mois. Kate Winslet se souvient : "Il y avait des moments où j'étais véritablement terrorisée par lui. Jim a un caractère incroyable. Il pouvait hurler à un pauvre membre de l'équipe technique 'C'est exactement ce que je ne voulais pas!'" Habitué aux méthodes du réalisateur après Terminator et Aliens le retour, Bill Paxton expliquait : "Il y avait énormément de monde sur le plateau. Jim n'est pas de ceux qui veulent conquérir les coeurs et les esprits." Le principal intéressé confirme : "Faire un film est une guerre. Un affrontement époque entre l'argent et l'esthétique."

La costumière oscarisée Deborah Scott se souvient elle-aussi de quelques moments étonnants : "Un jour, il y avait un groupe de personnes très bien habillées dans un caneau de sauvetage, qui portaient des pièces origines : gants, chaussures, bijoux, tout. Et Jim a décidé qu'il voulait plus de gens dans l'eau, et les a simplement jetés dedans ! L'équipe des costumes était choquée et horrifiée. J'ai presque eu une crise cardiaque. C'était la première semaine de tournage et je me suis demandé comment les choses allaient se passer." Un épisode lui est resté en mémoire : celui où le chapeau portée par Kate Winslet a tellement déplu à James Cameron qu'il a traversé le décor pour le jeter par dessus bord.

Critiqué par beaucoup de ses collaborateurs, le metteur en scène s'attire quelques surnoms diaboliques et provoque la colère d'un membre de l'équipe, qui glisse une substance hallucillogène dans le dîner pour chambouler le tournage. Les victimes de la farce s'écroulent mais le James Cameron lutte pour continuer, dans un état second. Un acteur rapporte que "l'un de ses yeux était complètement rouge, comme Terminator".

Clôturer le cauchemar

En post-production, James Cameron est résolu à repousser les limites des effets spéciaux, comme il l'avait fait pour Terminator 2. Alors que la Fox et Paramount demandent une sortie estivale, le réalisateur leur explique que le montage est difficile et que le film ne sera pas prêt avant l'hiver. Prévue le 2 juillet, la sortie est repoussée au 19 décembre.

De plus en plus excitée, la presse voit ce délai comme une nouvelle preuve de la catastrophe annoncée, alimentée par les détails d'un tournage chaotique. Pour calmer les esprits, les studios offrent quelques scènes en avant-première dans l'été, provoquant l'enthousiasme général.

Néanmoins, personne n'imagine un succès capable de rentabiliser un budget si élevé. Conscient de l'entreprise monumentale dans laquelle il s'est lancé, James Cameron aperçoit le désastre qui semble l'attendre. "Pendant les six derniers mois de travail, nous avions en tête que le studio allait perdre une centaine de millions, sans aucun doute possible" expliquera ensuite le réalisateur, personnellement attaqué pour ses ambitions démesurées avant la sortie du film.

Quelques mois plus tard, Titanic est présenté en grande pompe à Los Angeles. Quinze semaines après, le film est encore en salles. Le blockbuster devient le premier film à dépasser le milliard de recettes et le plus gros succès de tous les temps - un record battu par Avatar, un autre film de James Cameron. Sorti à temps pour les Oscars, Titanic décroche quatorze nominations et récolte onze statuettes, dont meilleur film et meilleur réalisateur. Condamné par Hollywood quelques mois auparavant, James Cameron en devient le maître.

Le renaissance d'un film culte

Porté par le succès monumental d'Avatar, James Cameron récidive dans la démesure. Pour métamorphoser Titanic en spectacle 3D, trois cent personnes personnes travaillent sur la conversion pendant soixante semaines, occupées à retravailler chaque plan dans le moindre détail. Au passage, le réalisateur en profite pour effectuer un seul et unique changement : la position des étoiles dans le ciel observé par Kate Winslet après le naufrage. Un détail noté par un astronome, qui s'est empressé d'écrire un mail à James Cameron.

Perfectionnisme dans l'âme, il explique : "Si vous voulez convertir en 3D un film que vous adorez, un classique comme Les Dents de la mer ou Star Wars, il faudra dépenser de l'argent pour le faire bien. Il ne devrait pas y avoir de troisième choix - celui qui consiste à convertir le film en 3D pour encaisser les revenus d'un 3D de haute qualité, mais en faisant du sale boulot qui donne mal au crâne aux gens."

Premier homme à explorer la fosse des Mariannes à 11 kilomètres de profondeur, James Cameron est aussi devenu le plus grand cinéaste hollywoodien au sens premier : démesuré, grandiloquent, passionné et constamment au bord du goufre.

À la sortie de Titanic, il expliquait : "L'histoire ne pouvait être mieux écrite. La juxtaposition des riches et des pauvres, le rôle des sexes joués jusqu'à la mort (les femmes d'abord), la stoïcisme et la noblesse de l'époque révolue, la grandeur d'un paquebot rattrappée par la folie des hommes qui l'ont conduit dans l'obscurité. Et par dessus tout, cette leçon que la vie est incertaine, le futur, inconnu, et l'impensable, possible." Quinze ans plus tard, le réalisateur de 57 ans continue d'explorer son imaginaire débridé, soutenu à vie par le système hollywoodien. Prochaine étape : Avatar 2 et 3, prévu pour 2015.

Titanic 3D, en salles cette semaine.

Geoffrey Crété

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