Vincent Lindon sur le tournage des Chevaliers blancs : "On est devenus fous"
Publié le 21 janvier 2016 à 23:27
Ce qu'il donne pour un film, son regard sur la société... Les conversations avec l'acteur sont plus passionnantes les unes que les autres.
Vincent Lindon - Avant-première du film "Les Chevaliers Blancs" au cinéma UGC Les Halles à Paris, le 19 janvier 2016. © Denis Guignebourg/Bestimage Vincent Lindon - Avant-première du film "Les Chevaliers Blancs" au cinéma UGC Les Halles à Paris, le 19 janvier 2016. © Denis Guignebourg/Bestimage© BestImage
Bande-annonce du film Les Chevaliers blancs en salles le 20 janvier 2016
Vincent Lindon sur le photocall du film "La loi du marché" à Rome en Italie le 26 octobre 2015
Raphaëlle Lubansu (Raphaëlle Bruneau), Vincent Lindon, Valérie Donzelli, Jean-Henri Compère, Joachim Lafosse, Bintou Rimtobaye et Louise Bourgoin (enceinte) - Avant-première du film "Les Chevaliers Blancs" au cinéma UGC Les Halles à Paris, le 19 janvier 2016. © Denis Guignebourg/Bestimage19/01/2016 - Paris
Sandrine Kiberlain montre son César de la meilleure actrice pour 9 mois ferme à sa fille Suzanne lors du dîner au Fouquet's après les César le 28 février 2014
Image du film Les Chevaliers blancs
Image du film Les Chevaliers blancs
Image du film Les Chevaliers blancs
Vincent Lindon (prix d'interprétation masculine pour le film "La Loi du Marché") - Photocall de la remise des palmes du 68e Festival du film de Cannes le 24 mai 2014.

A chacune de ses performances, on se dit que celle-ci est la meilleure. Que ce soit il y a plus de vingt ans, dans La Crise, sa première nomination aux César, ou plus récemment avec Welcome, puis La Loi du marché - prix d'interprétation à Cannes -, et aujourd'hui Les Chevaliers blancs. Dans ce drame de Joachim Lafosse (A perdre la raison), il incarne le président d'une ONG "jusqu'au-boutiste" qui, pour sauver des enfants d'un pays en guerre en Afrique, sombre dans l'ingérence occidentale, moralisatrice et aux accents colonialistes. Mais à la fin du film, impossible de décréter que ce personnage est mauvais. L'humanité, la tendresse, la fragilité et la sincérité nécessaires aux multiples facettes de ce héros, l'acteur français les distille à la perfection. S'il s'est donné sur le tournage, il joue le jeu de la promotion à fond, multipliant les interviews. Pour revenir sur son personnage, mais aussi sur des sujets de société qu'il accepte d'explorer.

Au Parisien, c'est sous la forme d'une rencontre avec des lecteurs que le comédien a fait ses confidences. Il raconte les difficultés qu'il a connues lors du tournage des Chevaliers blancs : "Nous avons passé huit semaines en vase clos dans le désert marocain, pour le tournage... On est devenus fous ! On a vécu sur place la même chose que les personnages du film : des épanchements de tendresse, des engueulades, des hurlements, des réconciliations, des groupes qui se forment, des gens qui passent d'un groupe à l'autre... Il y a même eu un soir un pétage de plombs où tout le monde est devenu zinzin, comme dans Midnight Express. C'étaient des hurlements dans le désert..."

Je ne pense pas que les politiques soient incompétents

L'artiste profite de l'interview pour tacler au passage certains "collègues" qui ont quitté le pays et son système fiscal : "Je ne comprends pas que, quand on gagne sa vie dans un pays aussi bien, de manière aussi privilégiée, on n'ait pas envie de payer pour la Poste, les pompiers, les infirmières, la police."

Dans Les Inrocks, dont il fait la couverture, les sujets sont aussi politiques et il s'exprime ainsi de nouveau sur le discrédit "posé comme un principe sur les hommes politiques" : "Je ne pense pas qu'ils soient incompétents ou qu'ils ne travaillent pas. Je crois surtout qu'ils ne savent pas dire ce qu'ils font." Il s'insurge juste avant sur le fait que la plupart "passent tellement de leur temps à s'interroger sur la façon de communiquer".

Cette position, il l'a tenue avec ferveur lors de l'émission C à Vous, le 18 janvier. Sur France 5, il n'a pas hésité à interrompre la chronique de Maxime Switek : "On peut le dire, mais le montrer comme ça en image, je trouve que c'est une peopolisation et une familiarisation... Ça donne envie de ne pas aller voter ou de ne pas voter comme il faut."

© Purezapping

Vincent Lindon fustige également "l'ivresse narcissique" : "La tentation de tomber amoureux de soi en train de faire les choses a été décuplée", dit-il dans Les Inrocks, pointant du doigt notamment les réseaux sociaux et le besoin d'être applaudi.

Le magazine Les Inrcokuptibles du 20 janvier 2016

L'homme en colère laisse place au papa tendre quand on lui demande, toujours dans Les Inrocks, ce qui l'a rendu heureux durant la difficile année 2015 : "C'est ma fille [Suzanne dont la mère est son ex-femme Sandrine Kiberlain] qui a réussi à rentrer dans le lycée où elle voulait aller, mon fils qui a eu son bac." Et son prix d'interprétation cannois pour La Loi du marché, qui pourrait se concrétiser en César. C'est (déjà) sa sixième nomination.

Retrouvez l'intégralité de ces interviews dans Le Parisien et Les Inrockuptibles du 20 janvier

Par Samya Yakoubaly | Rédactrice
Cinéphile, elle adore regarder des bande-annonces et des moments historiques à la télévision. Le prochain James Bond ou le discours d’investiture de Barack Obama lui donnent les mêmes frissons.
À propos de
Mots clés
Personnalités Françaises Cinéma Interview Tournage Politique Émission télé Vidéos
Suivez nous sur Google News
Tendances
Voir tous les people
Sur le même thème
"J'aimerais bien m'acheter..." : Vincent, le champion de Tout le monde veut prendre sa place, dévoile comment il compte dépenser ses gains
"J'aimerais bien m'acheter..." : Vincent, le champion de Tout le monde veut prendre sa place, dévoile comment il compte dépenser ses gains
4 janvier 2026
A 56 ans, comment Nikos Aliagas reste en forme malgré le rythme des tournages : il évoque son rituel sportif quotidien
A 56 ans, comment Nikos Aliagas reste en forme malgré le rythme des tournages : il évoque son rituel sportif quotidien
3 janvier 2026
Les articles similaires
"C'est vraiment particulier" : Mathilde Seigner en dit plus sur les ambitions professionnelles de son fils Louis, 18 ans player2
"C'est vraiment particulier" : Mathilde Seigner en dit plus sur les ambitions professionnelles de son fils Louis, 18 ans
25 février 2026
À 45 ans, cette ex-star de M6, restée longtemps loin des radars, évoque enfin les raisons de son départ précipité de la télévision
À 45 ans, cette ex-star de M6, restée longtemps loin des radars, évoque enfin les raisons de son départ précipité de la télévision
2 mars 2026
Dernières actualités
Dernières news