Une boîte de chaussures soigneusement rangée dans un placard, des sacs cadeaux conservés après les fêtes ou encore des emballages que l'on refuse de jeter parce qu'ils pourraient "servir un jour"… Si vous avez tendance à conserver ce type d'objets, vous n'êtes certainement pas un cas isolé. Derrière cette habitude apparemment anodine peut se cacher une volonté de toujours être préparé à l'imprévu. Au premier abord, conserver une boîte vide ou une jolie pochette peut simplement relever du bon sens. Pourquoi jeter un objet encore en bon état lorsqu'il pourrait être réutilisé ? Une boîte peut servir à ranger des affaires, un sac à emballer un cadeau et un carton à protéger des objets lors d'un déménagement.
Mais pour certaines personnes, cette habitude va plus loin. Garder ces objets permet aussi de savoir qu'une solution sera disponible en cas de besoin. Une manière de limiter les mauvaises surprises et de conserver, à portée de main, ce qui pourrait éventuellement être utile.
C'est souvent cette petite phrase qui pousse à conserver un emballage plutôt qu'à le jeter. Au moment de s'en débarrasser, une personne peut se demander si elle ne risque pas d'en avoir besoin quelques semaines ou quelques mois plus tard. Une boîte ayant contenu un appareil coûteux peut ainsi être conservée dans l'éventualité d'une revente ou d'un retour. Les sacs cadeaux peuvent être gardés pour une prochaine occasion et les cartons suffisamment solides peuvent trouver une utilité lors d'un rangement ou d'un déménagement.
Dans cette logique, conserver ne signifie donc pas nécessairement accumuler. Il peut simplement s'agir d'une forme d'anticipation : plutôt que de devoir retrouver ou racheter quelque chose au moment où le besoin se présentera, autant le conserver dès maintenant. Cette sensation d'avoir une solution disponible peut également procurer un certain sentiment de sécurité. Même si l'objet n'est finalement jamais utilisé, le fait de savoir qu'il est là peut suffire à rassurer.
Il serait toutefois réducteur d'associer automatiquement cette habitude à l'accumulation. Conserver quelques boîtes ou sacs propres, bien rangés et réellement susceptibles d'être utilisés n'a rien d'inquiétant en soi. La différence se trouve notamment dans la capacité à faire le tri. Une personne qui garde quelques cartons parce qu'elle sait qu'elle pourra s'en servir lors d'un prochain déménagement peut facilement s'en débarrasser lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
La situation est différente lorsque chaque objet devient impossible à jeter, même lorsqu'il n'a plus aucune utilité. Le volume peut alors augmenter progressivement jusqu'à envahir les placards, les pièces ou les espaces de vie. La difficulté à se séparer des objets, la détresse provoquée par l'idée de les jeter ou encore les tensions que cette accumulation peut créer avec l'entourage sont alors des éléments à distinguer d'une simple envie de réutiliser.
Derrière le fait de conserver une multitude d'objets se trouve parfois une volonté de réduire l'incertitude. Avoir une boîte adaptée, un sac disponible ou un emballage suffisamment solide permet de se dire que l'on pourra faire face plus facilement à une situation imprévue. Ce mécanisme peut être particulièrement présent chez les personnes qui aiment anticiper. Elles préfèrent avoir une solution sous la main plutôt que de devoir chercher une réponse au dernier moment.
Cela peut également expliquer pourquoi jeter certains objets provoque une hésitation. L'objet en lui-même a peu de valeur, mais il représente une possibilité : celle de pouvoir s'en servir ultérieurement. Dans certains cas, les emballages peuvent aussi avoir une dimension affective. Une boîte peut rappeler un achat important, un cadeau ou une période particulière. Elle n'est alors plus seulement considérée comme un objet destiné à être réutilisé, mais comme un souvenir associé à un moment précis.
Conserver quelques emballages peut donc être parfaitement fonctionnel. Pour éviter que cette habitude ne prenne trop de place, quelques réflexes peuvent toutefois aider. L'idée est notamment de regrouper les boîtes et les sacs au même endroit, de jeter ceux qui sont abîmés et de ne conserver que les emballages auxquels une utilisation potentielle peut réellement être associée. Se fixer une quantité maximale peut également être utile. Plutôt que de conserver systématiquement chaque nouveau sac ou chaque carton, il est possible de remplacer un ancien emballage par un nouveau lorsqu'il arrive à la maison.
Un tri régulier permet enfin de vérifier si les objets conservés sont réellement utilisés. Car la question à se poser est finalement assez simple : si j'en ai besoin un jour, est-ce que je saurai où le trouver et est-ce que j'ai réellement une raison de le conserver aujourd'hui ? Si la réponse est oui, garder quelques emballages peut être une manière pratique de réutiliser plutôt que de jeter. En revanche, si chaque objet semble impossible à abandonner et que le fait de s'en séparer provoque une réelle détresse, il peut être intéressant de s'interroger sur ce rapport aux objets. Au fond, ce n'est donc pas le fait de conserver une boîte ou un sac qui pose question. C'est surtout la place que cette habitude occupe dans la maison et dans l'esprit.