L'actrice Claire Maurier s'est éteinte ce dimanche à l'âge de 97 ans. C'est son cher et tendre époux le comédien Jean-Renaud Garcia qui a annoncé la nouvelle à l'AFP ce lundi 4 mai 2026. La star née Odette Agramon dans les Pyrénées-Orientales a traversé les décennies en laissant une empreinte indélébile sur le cinéma français. Des Quatre Cents Coups à La Cuisine au beurre, jusqu'au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, la comédienne qui débuta sur les planches au début des années 1950 fut l'un de ces grands seconds rôles flamboyants, dont la voix et le regard suffisaient instantanément à crever l'écran.
Claire Maurier a été élevée dans le Sud. C'est de ces racines qu'elle a puisé son allure un brin revêche et une profondeur saisissante dans le regard. Après avoir été formée au cours Simon à Paris, sa carrière explose en 1959 grâce au regretté François Truffaut, qui lui confie le rôle de la mère d'Antoine Doinel (joué par Jean-Pierre Léaud) dans Les Quatre Cents Coups. Elle y incarne une figure maternelle lointaine. Puis, quelques années plus tard, précisément en 1963, autre triomphe populaire : dans La Cuisine au beurre, elle tient brillamment tête au duo iconique du cinéma français Bourvil-Fernandel. Son aisance naturelle face aux monstres sacrés devient sa signature. En 1978, elle retrouve le réalisateur Édouard Molinaro, qui l'avait fait débuter, pour le succès international La Cage aux folles. Face à Ugo Tognazzi et Michel Serrault, elle bluffe une nouvelle fois le monde du cinéma.
Jamais cantonnée à un seul registre, Claire Maurier excellait dans l'art d'humaniser les personnages rugueux. En 1981, son interprétation tout en retenue dans Un mauvais fils de Claude Sautet, face à Patrick Dewaere, lui vaut d'ailleurs une nomination aux César. Mais c'est particulièrement sous les traits de figures maternelles ou de tenancières autoritaires qu'elle a conquis les nouvelles générations. En 1996, dans Un air de famille de Cédric Klapisch - rôle qui lui valut une nomination aux Molières sur les planches -, elle incarne une mère glaçante. Cinq ans plus tard, elle irradie en patronne de café excentrique dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Et ce n'est pas tout : elle a également illuminé le théâtre jusqu'au bout, créant avec fougue la pièce Toc Toc de Laurent Baffie à 76 ans. Enfin, au côté de Gérard Depardieu dans La Tête en friche (2010), elle livrait l'une de ses ultimes partitions. Elle tire sa révérence, laissant en héritage des apparitions tout simplement inoubliables.
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