À 70 ans, Bill Gates reste l’un des entrepreneurs les plus influents du monde, mais il conserve aussi une certaine dimension de philosophe. Sa célèbre phrase, "Je choisis une personne paresseuse pour faire un travail difficile, parce qu’elle trouvera un moyen simple de le faire", peut sembler provocatrice à première vue, mais elle renferme une réflexion bien plus profonde sur l’intelligence, la productivité et l’efficacité. Prononcée par le cofondateur de Microsoft, cette déclaration demeure particulièrement pertinente à une époque marquée par le burn-out, la surcharge de travail et la quête obsessionnelle de performance.
L’idée, toutefois, ne vient pas réellement de Bill Gates. Dès 1947, le dirigeant américain Clarence Bleicher exprimait déjà une pensée similaire. Selon lui, s’il était confronté à une tâche difficile et ne trouvait pas de solution pratique, il la confierait à une personne paresseuse, convaincu qu’elle découvrirait probablement la manière la plus simple de résoudre le problème. Ce concept peut sembler contradictoire, mais il rejoint des études anciennes sur l’efficacité humaine. Dans les années 1920, Frank B. Gilbreth Sr., pionnier des études sur la productivité industrielle, observa un phénomène intéressant en analysant les méthodes de travail des maçons. Selon lui, les travailleurs considérés comme les plus "paresseux" trouvaient souvent des moyens plus rapides, plus économiques et plus intelligents d’accomplir leurs tâches.
Alors que certains employés très assidus dépensaient une énergie excessive dans des mouvements répétitifs, ceux réputés moins travailleurs cherchaient naturellement à simplifier leurs gestes afin d’éviter les efforts inutiles. Le résultat était simple : travailler mieux, et pas forcément davantage. Au fond, cette logique remet en question une croyance profondément ancrée dans la société moderne : l’idée que la productivité serait forcément liée à la souffrance, à l’agitation permanente et aux longues heures de travail. Bill Gates, comme ces pionniers de l’efficacité, suggère que la véritable différence ne réside pas dans la quantité d’efforts fournis, mais dans la capacité à simplifier les processus. Fait intéressant, cette réflexion évoque un nom bien connu du monde artistique brésilien : Selton Mello. Considéré comme l’un des artistes les plus talentueux et polyvalents du pays, l’acteur a déjà reconnu publiquement qu’il se considérait comme "paresseux" lorsqu’il s’agissait de projets particulièrement longs.
Alors qu’il s’apprête à revenir avec une nouvelle saison de Sessão de Terapia sur Globoplay, Selton Mello avait abordé ce sujet lors d’une interview accordée à UOL en 2010. "Je suis très paresseux, et le cinéma offre davantage de souplesse. On tourne un film en un mois et demi. En une année, on peut faire trois films tout en prenant des vacances. À la télévision, ce n’est pas possible, car les feuilletons sont des projets de longue durée", avait-il déclaré. Les propos de l’acteur montrent que la prétendue paresse n’est pas toujours synonyme de manque d’engagement. Souvent, elle traduit simplement le refus de s’épuiser inutilement.
Selton Mello n’a jamais cessé d’être productif. Au contraire, il a construit une carrière solide en privilégiant des formats qui correspondaient mieux à sa manière de travailler et de vivre. C’est peut-être ce qui rend encore aujourd’hui la phrase de Bill Gates si pertinente. Elle fait écho à une aspiration silencieuse partagée par beaucoup : produire efficacement sans se détruire dans le processus.
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