Derrière son sourire lumineux et son succès musical, Louane mène depuis des années un combat bien plus intime. Invitée dans l’émission Clique en février dernier, animée par Mouloud Achour, la chanteuse a levé le voile sur une réalité plus fragile que son image ne le laisse penser. Celle qui a représenté la France à l’Eurovision 2025 a évoqué sans détour sa dysmorphophobie, un trouble impactant sur le quotidien.
Ce mal-être, profondément ancré depuis l’adolescence, ne concerne pas seulement un rapport ponctuel à son image. Il s’agit d’un véritable trouble psychologique qui déforme la perception de soi. Les personnes qui en souffrent peuvent se focaliser sur des détails physiques insignifiants, voire inexistants, jusqu’à en faire une obsession. Chez Louane, cette difficulté à se voir telle qu’elle est influence directement ce qu’elle est et son rapport au regard des autres. Face à Mouloud Achour, l’artiste a d’ailleurs expliqué que les critiques ne l’atteignent pas toutes de la même manière.
"Si on me parle de ma musique, ça, j’ai envie de te dire 'je m’en fiche', c’est les goûts et les couleurs. Évidemment que je ne vais pas plaire à tout le monde et ce n’est absolument pas un problème." Mais lorsque les remarques touchent son physique, la réaction est bien différente. "C’est un sujet qui, de base, est compliqué dans ma vie personnelle depuis des années, depuis l’adolescence…" a-t-elle confié avec sincérité. Ce trouble ne surgit pas sans contexte. Il s’inscrit souvent dans une société où l’apparence est omniprésente, amplifiée par les réseaux sociaux.
La maman de Esmée a déjà évoqué, par le passé, des épisodes de critiques virulentes sur son physique, notamment lors d’événements publics, qui ont profondément marqué son estime personnelle. L’artiste, malgré sa notoriété et son parcours impressionnant, reste confrontée à des fragilités très humaines, partagées par de nombreuses personnes loin des projecteurs. Quand on est atteint de dysmorphophobie, aussi appelée trouble dysmorphique corporel, ces défauts physiques que l’on peut être seul à voir prennent une place démesurée dans l’esprit de la personne concernée. Ce trouble peut entraîner anxiété, isolement, voire dépression.
Dans le cas de Louane, cette difficulté à accepter son reflet est devenue un combat quotidien. Elle l’exprime avec des mots simples, mais puissants : "C’est le fait de ne pas être capable de voir son corps tel qu’il est. (...) C’est vraiment avoir une vision qui n’est pas exactement celle que ton corps est". Une définition qui illustre parfaitement la distorsion entre perception et réalité. Pourtant, la chanteuse refuse de céder au fatalisme. "J’en souffre encore aujourd’hui. Je n’ai pas envie d’être défaitiste en disant que je vais en souffrir toute ma vie, parce que j’essaye d’avancer", a-t-elle déclaré.
Dans ce parcours, le soutien de ses proches joue un rôle essentiel. Louane a notamment évoqué le regard bienveillant de son compagnon, Florian Rossi, qui lui apporte un certain apaisement. Se sentir aimée et acceptée permet parfois de contrebalancer une perception de soi négative, même si le chemin reste long. "On s’aime, et forcément, j’imagine que, quand on aime quelqu’un, on ne se voit pas comme l’être aimé nous voit, c’est évident, mais c’est sûr que je me sens toujours mieux dans ses yeux. Ça, c’est clair" a-t-elle confié.