L’émotion est bien présente pour l’ancien ministre Jean-Louis Borloo. Au lendemain de l’annonce de la disparition de Nathalie Baye, l'homme politique a accepté de sortir de sa réserve pour évoquer celle qui a profondément marqué sa vie. Aujourd’hui retiré de la scène politique, il ne cache pas sa tristesse face à cette perte qu’il qualifie lui-même de brutale. "C’est trop jeune, trop injuste et trop triste", confie-t-il, encore bouleversé dans un entretien avec Le Parisien.
Leur rencontre remonte à la fin des années 1980, à une période charnière pour chacun d’eux. Nathalie Baye venait de tourner la page d’une histoire très médiatisée, tandis que Jean-Louis Borloo entamait un nouveau chapitre de sa vie professionnelle. Entre eux, une relation s’est nouée, entre discrétion et sincérité. Loin des projecteurs, ils ont choisi de préserver ce lien, refusant d’en faire un sujet public. "Ce n’était pas caché, mais… On a été totalement discrets pendant plusieurs années", explique-t-il avec pudeur. Si leur histoire d’amour appartient désormais au passé, leur attachement, lui, n’a jamais disparu.
Au fil des années, cette relation s’est transformée, laissant place à une amitié profonde, solide et durable. "Elle a beaucoup compté dans ma vie, mais je n’ai pas envie d’étaler tout ça", précise-t-il, soucieux de préserver ce qui relève de l’intime. Une retenue à l’image de celle qui caractérisait également l’actrice. Car Nathalie Baye, derrière son immense carrière, était avant tout une femme qui aimait la discrétion, loin des clichés du monde du spectacle. Jean-Louis Borloo en dresse un portrait sensible, presque bucolique. Elle aimait les choses simples, les marchés, la nature, les saisons. Une vie ancrée dans le réel, à mille lieues des paillettes. "La plus grande des discrètes ou la plus discrète des grandes", résume-t-il avec tendresse.
Dans ses confidences, l’époux de Béatrice Schönberg révèle une facette plus intime de Nathalie Baye, loin des tapis rouges et des cérémonies. L’actrice entretenait un rapport particulier à la notoriété, qu’elle vivait avec distance, voire avec une certaine gêne. "Elle détestait les mondanités, d’une manière presque maladive", confie-t-il. Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était jouer. Non pas pour la reconnaissance, mais pour l’acte lui-même. Issue du monde de la danse, elle avait conservé cette rigueur et cette exigence propres aux artistes complets. "C’était une vraie artiste, une fille de la balle", se souvient-il, avant d’ajouter : "C’était d’abord une comédienne avant d’être une actrice."
Mais au-delà de la femme de cinéma, c’est celle qui a marqué ceux qui l’ont côtoyée. Une femme attentive, généreuse, fidèle. Jean-Louis Borloo insiste sur cette capacité qu’elle avait à se tourner vers les autres, à écouter plutôt qu’à imposer. "C’était une femme qui, en croisant quelqu’un, lui disait “explique-moi” plutôt que “je vais t’expliquer" confie-t-il avant d’ajouter : "Elle essayait de faire le bonheur des autres, parfois même à leur place". Puis de conclure sur le sujet : "C’était quelqu’un de très rare. Très très rare".
Dans cette entrevue, celui qui réside au Hameau Boileau évoque également cette dualité qui fascinait tant Nathalie Baye elle-même : le passage du plateau de tournage à la vie quotidienne. D’un univers où tout est orchestré au moindre détail, elle retrouvait avec plaisir la simplicité du quotidien. Aller au marché, cuisiner, lire… autant de gestes qui la ramenaient à l’essentiel. Une manière de garder les pieds sur terre, malgré la lumière des projecteurs. "Elle adorait cette double vie, ce contraste", révèle-t-il. Enfin, impossible pour Jean-Louis Borloo de ne pas mentionner ce qui comptait le plus pour elle : sa famille.
Sa fille Laura, son petit-fils Léo… des repères fondamentaux dans sa vie. Une source de joie et d’équilibre, loin du tumulte médiatique : "Et puis la joie de sa vie, c’est Laura et son petit-fils Léo". Et malgré le temps qui passe, malgré les chemins différents empruntés, le lien entre eux n’a jamais été rompu. "Nos liens étaient indélébiles et vitaux", conclut-il, résumant en quelques mots la profondeur d’une relation qui aura traversé les années.
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