Elle n’a jamais porté d’enfant, et pourtant, la question de la maternité traverse profondément le parcours et les réflexions d’Élodie Frégé. Interrogée par Télé Star en janvier dernier, la chanteuse et comédienne revendiquait une relation naturelle avec les plus jeunes : "J’ai un rapport direct avec les enfants". Elle avait précisé pas chercher "à les infantiliser" car "Je n’ai moi-même pas voulu l’être quand j’étais petite". Une manière d’affirmer une vision d’égal à égal, où l’enfant est considéré comme un individu à part entière. Cette approche s’inscrit pour elle dans une réflexion plus large sur la maternité, qu’elle dissocie de l’expérience biologique. "J’ai pu trouver en moi de la ‘maternité’, sans même avoir enfanté", avait-elle confié en balayant l’idée selon laquelle devenir mère serait la seule voie pour éprouver ce sentiment. Dans l’émission Piquantes sur Téva, Élodie Frégé a livré un texte bouleversant, adressé, face caméra, à la fille qui n'a jamais vu le jour. "À toi, la fille que je n'ai pas eue. Tu aurais pu porter ce prénom un peu dépassé, de ceux qu'on envie ou qu'on déteste. Tu m'en aurais voulu peut-être, pour ce prénom", a commencé celle qui a autrefois été victime d'infidélités.
Elle a ensuite imaginé ce qu’aurait pu apprécier ou non cette enfant absente : "Tu aurais pu aimer, comme moi, les arbres centenaires, les danses improvisées, les calembours acrobatiques, le vin et la bossanova. Ou, contrairement à moi, adorer les araignées, la viande crue, et nager, et fumer, et la fleur d'oranger. Après tout, ça aurait été toi, et ça aurait été parfait". Au fil des mots, la comédienne a aussi évoqué ses doutes face à la maternité. "Mais ne pas savoir si on veut être mère, ce n'est pas ne pas vouloir du tout, tu sais. Quelque part, bien au chaud, la vie pouvait entrer par la petite fenêtre de l'indécision", a-t-elle précisé avant de s’interroger avec lucidité : "Tu aurais pu être ma fille. Est-ce que j'aurais été la meilleure des mères pour toi ? Je ne saurais jamais, parce que tu n'es pas née". "Et pourtant, tu es venue. Pas au monde, mais en moi. Tu t'es plantée dans cette terre qu'on m'avait déclarée aride, finie, désertée d'avenir", a-t-elle ajouté sous-entendant une potentielle grossesse qui n’est pas allée à son terme. "Tu n'es pas restée. Mais pendant un très court instant, tu as traversé mon corps comme une lumière", a poursuivi celle qui a fait ses premiers pas à la télé dans la Star Academy. Sur cette expérience, elle a ainsi conclu : "Cette force, cet élan, cette capacité à donner vie, était déjà là. […] Ce feu tout neuf a transformé ton absence en terre d'inspiration. Alors pour ça, merci".
Dans les colonnes de Gala, en janvier dernier, Elodie Frégé s’était ouverte sur un sujet très important pour elle : l’endométriose, une maladie encore trop souvent "minimisée". "Il est très important pour moi que l’on parle de l’endométriose . Mon cas n’est pas le plus grave, mais cette maladie est restée invisible pendant longtemps et, pendant des années, on a minimisé la douleur des femmes, en les traitant d’hystériques ou en tournant en dérision leurs règles et leur irritabilité", avait-elle regretté. Et d’ajouter : "Le diagnostic arrive souvent trop tard parce qu’on croit que cette douleur et ces hémorragies font ‘partie du lot’". Soucieuse de sensibiliser les femmes, elle avait insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue : "C’est très facile de passer à côté. C’est pour cela que j’en parle, même si je ne dévoile pas ma vie privée : pour dire aux autres femmes qu’elles ne sont pas seules".
Enfin, loin de toute nostalgie ou regret, Elodie Frégé avait assumé pleinement son positionnement face à la maternité. "Je fais partie des personnes qui ne se sont jamais vraiment posé la question d’avoir des enfants ou pas, mais j’ai un rapport très naturel avec eux", expliquait-elle encore, avant de préciser : "Je les considère comme mes semblables, pas comme des petites choses fragiles et mignonnes, plutôt comme des germes d’adultes qu’il faut arroser de choses positives et de nourriture, au sens large, pour les aider à grandir". Puis de conclure : "J’aime les enfants, mais quand je joue une mère, je ne me dis pas : ‘Quel dommage que je n’aie pas d’enfants’, je me dis surtout que je les admire, que je les respecte et que je leur dois exactement la même chose qu’à un adulte". Une belle façon de voir les choses.
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