Lorsque Brigitte Bardot s’est éteinte le dimanche 28 décembre, à l’âge de 91 ans, l’émotion a été immense bien au-delà des frontières françaises. L’annonce de sa disparition a été faite par sa Fondation dans un communiqué transmis à l’AFP : "La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d'abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation."
Lors des obsèques à Saint-Tropez, le 7 janvier dernier au cimetière marin de Saint-Tropez, un autre détail a profondément marqué les esprits et il s'agit du choix d’un cercueil en osier, en parfaite cohérence avec le combat écologique et animaliste que menait l’icône depuis des décennies. Ce cercueil, baptisé "Bohemian", n’est pas issu d’une grande production industrielle. Il a été conçu au Boisle, petit village près d’Abbeville, au sein de la Vannerie de Candas. À l’origine de ce projet ? Un certain Xavier Quointeau, gérant de l’atelier, qui a répondu à une demande de plus en plus fréquente de clients souhaitant des obsèques plus respectueuses de l’environnement.
En collaboration avec les pompes funèbres Liberté-Brusadelli à Abbeville, il a développé un modèle conforme à la réglementation française, composé d’une structure homologuée, recouverte d’osier tressé à la main, nécessitant entre 20 et 25 kilos d’osier local. Présenté au public au début de l’année 2025, ce cercueil avait déjà attiré l’attention lors d’un reportage diffusé sur France 3 en mars 2025. À l’époque, il suscitait un vif intérêt dans la Somme, bien avant d’être propulsé sous les projecteurs internationaux lors des obsèques de Brigitte Bardot. Le succès du modèle a surpris même ses partenaires. "J’ai été la première étonnée par un tel enthousiasme", a reconnu Minna Holleville, directrice des pompes funèbres associées au projet. Son prix plus accessible y contribue aussi puisqu'il coûte 1 670 euros, contre environ 2 000 euros pour un cercueil en chêne, avec un avantage supplémentaire de taille : il est biodégradable et compatible avec la crémation. Brigitte Bardot n’est d’ailleurs pas la seule personnalité à avoir fait ce choix ! En octobre 2025 déjà, Patrice de Colmont, propriétaire du mythique Club 55 à Ramatuelle, avait lui aussi opté pour ce cercueil en osier. Figure emblématique de Saint-Tropez, il incarnait un esprit chaleureux et discret, loin du luxe tapageur. Dans un portrait publié par Le Parisien en 2019, le restaurateur résumait sa philosophie de vie : "Je ne travaille jamais, ce que je fais est un jeu", confiait-il, ajoutant au sujet de son établissement : "Le client n’est pas le roi parce qu’il est un ami."
Depuis les obsèques de Brigitte Bardot, la Vannerie de Candas a vu son quotidien basculer. "Les images du cercueil de Brigitte Bardot ont été diffusées à 11h à la télé, et à 11h10 nous recevions les premiers appels", a raconté Xavier Quointeau à France 3 Hauts-de-France. Et d'ajouter : "Ça n’a pas arrêté de la journée : que ce soient les appels, les mails ou sur les réseaux. À minuit nous étions encore en train de répondre à toutes les questions et demandes des particuliers et des agences de pompes funèbres." Depuis l’automne, l’atelier commercialise ses cercueils via le groupe funéraire Funico, implanté sur l’ensemble du territoire. C’est ce réseau qui a été sollicité par la famille Bardot. "Quelques jours avant les obsèques, nous avons eu l’information du choix du cercueil, mais par respect nous avons choisi de ne rien divulguer avant la cérémonie", a confié Audrey Quointeau, co-gérante de la vannerie.