Samen Télesphore Teunou, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il a marqué toute une génération de spectateurs. En 2009, l’acteur apparaissait dans Neuilly sa mère !, la comédie réalisée par Gabriel Julien-Laferrière qui allait devenir l’une des surprises de l’été. Dans le film, porté notamment par Samy Seghir, Jérémy Denisty, Rachida Brakni et Denis Podalydès, il incarnait le fils de l’ambassadeur du Gabon. Il y a maintenant plus de dix-sept ans, le long-métrage avait rencontré un important succès avec plus de 2,5 millions d’entrées en France.
Dans Neuilly sa mère !, Samen Télesphore Teunou n’avait qu’une courte apparition, mais sa réplique est restée associée au film. "Je suis confus mais il y a méprise. Mon père est ambassadeur du Gabon à Paris", avait-il lance face caméra alors que Samy Seghir lui demandait de quelle cité il venait. Aujourd'hui, l’ancien comédien a pourtant pris une direction très éloignée des plateaux.
Dans une interview accordée à Konbini, il raconte lui-même sa nouvelle vie, entièrement dédiée aux chiens : "Changement de carrière. La Doguerie, c'est pour essayer de lutter contre les abandons. Parce que les gens, quand ils vont en vacances, ils se rendent compte qu'ils ont un chien. Si j'avais peut-être un peu plus de fonds, j'aurais peut-être une meilleure structure qui m'aurait permis d'accueillir un peu plus de chiens. Là, je fais avec ce que je peux faire. J'aide les chiens du mieux que je peux." La Doguerie occupe désormais une place centrale dans son quotidien. "Je consacre ma vie aux chiens, confie l'ancien comédien. C'est devenu ma famille. C'est avec eux que je discute, que je parle. Je partage mon quotidien avec eux. Je n'ai pas de famille, pas d'amis. Ma famille et mes amis sont loin, dans le 94. Ce sont des sacrifices de vie que je fais pour eux." Son projet repose notamment sur la cohabitation et la sociabilisation des animaux, avec l’idée de leur permettre de retrouver leur place auprès des autres chiens.
Pour Samen Télesphore Teunou, cette proximité avec les animaux dépasse largement la simple garde canine : "Moi j'adore les chiens. La Doguerie, c'est voir les chiens se régaler, se réinsérer dans la société canine. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas leur chien. L'être humain peut expliquer beaucoup de choses aux chiens mais c'est beaucoup mieux expliqué quand c'est un autre chien qui l'explique." Et de décrire très concrètement leur quotidien : "Les chiens vivent ici. Ils ont une petite niche bien abritée du vent et des intempéries." Et lorsqu’il évoque leur environnement, le ton se fait presque contemplatif : "Nous allons dans notre petit havre de paix. C'est un endroit où on se pose. Il y a un petit ruisseau, on est dans l'eau, on se régale surtout dans les moments où il fait très chaud." Une activité qui n’est toutefois pas sans difficultés. "Le voisinage, c'est compliqué. J'essaye de faire les choses bien, d'aller les voir, discuter avec eux. Mais j'ai tout de suite compris que quelque chose clochait. (...) Ils n'ont peut-être pas compris le message, je trouve ça dommage", regrette-t-il. Malgré ces obstacles, il reste profondément attaché à cette nouvelle existence : "J'ai toujours été très intéressé par les animaux, passionné. Ils sont très purs, très cools à l'inverse des humains avec beaucoup de vice. Je vois rarement de haine chez les chiens. Ils veulent que des câlins, de l'amour, se régaler, se la couler." Après quelques apparitions à l’écran, notamment dans Big City, Pas de toit sans moi, Au bout des doigts ou encore Engrenages, Samen Télesphore Teunou s'épanouit loin des plateaux de cinéma.